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Visite du Parlement européen de Bruxelles ce 1er avril

 

 

 

 

A trois mois des élections européennes du 7 juin prochain, le MRI et le CFE-Club Français pour l’Europe organisaient la visite du Parlement européen de Bruxelles à l’occasion de la mini-session parlementaire.  Gérard BOKANOWSKI, Conseiller spécial du Président Hans Gert POTTERING qui organisait la visite, a rappelé que le Parlement européen était la seule assemblée parlementaire multinationale au monde élue au suffrage universel direct et ce depuis 1979.  Les élections y sont organisées tous les 5 ans et le nombre de députés a augmenté parallèlement aux élargissements successifs de l’UE. A l’heure actuelle, près de 785 députés originaires de 27 pays siègent en groupes politiques. A partir de juin, ils ne seront plus que 735 selon le traité de Nice toujours en vigueur avant la ratification attendue du Traité de Lisbonne.

Passant de la grande à la petite histoire, Gérard BOKANOWSKI a également insisté sur le poids nécessaire de la gestion du Parlement notamment en matière d’interprétariat et de traduction. Si près de 10 000 personnes œuvrent au bon fonctionnement du Parlement, les instances européennes engagent des milliers d’interprètes et de traducteurs par an.  Lors de la visite, il a également rappelé le rôle du Parlement européen, son travail législatif et de contrôle ainsi que le partage des rôles entre la direction tricéphale européenne Commission-Conseil européen et Parlement.

En effet, le poids du Parlement européen s’est fort accru au fil des années et des traités jusqu’à ce qu’il devienne aujourd’hui un acteur incontournable dans la définition des lois communautaires. A l’heure actuelle, dans la grande majorité, pour qu’un règlement européen ou une directive puisse voir le jour, il faut que le Parlement et le Conseil s’accordent sur son contenu, c’est ce qu’on appelle la codécision. Au-delà de ça, le Parlement prend très au sérieux son rôle de gardien des libertés et de la démocratie tant en Europe que dans le monde.

La visite s’est poursuivie avec la rencontre débat avec deux euro-députés: Gérard DEPREZ, député belge siégeant depuis 1984 et président de la commission parlementaire libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et Margie SUDRE, députée française UMP siégeant depuis 1999 et qui avait occupé précédemment les fonctions de Secrétaire d’Etat à la francophonie de 1995 à 1997.

Evoquant les prochaines élections européennes, Gérard DEPREZ a précisé en préambule, que l’organisation actuelle du parlement avec les sites de Bruxelles et de Strasbourg coûtait près de 300 millions d’euros par an et a plaidé pour un seul siège du Parlement.  Pour le député européen, l’Europe, à l’approche des élections, est dans une situation délicate.

« Premièrement, nous ignorons dans quel régime nous allons évoluer, le Traité de Lisbonne n’ayant pas encore été ratifié. Les nouveautés introduites dans le Traité de Lisbonne sont loin d’être «cosmétiques» en matière de fonctionnement et d’organisation du Parlement. Deuxièmement, nous vivons une crise économique sans précédent. Elle peut avoir un effet dangereux pour l’Europe car ce sont principalement les Etats nationaux qui sont intervenus et pas l’Union. Troisièmement, l’élargissement. Des voix s’élèvent, surtout en Allemagne, pour demander une pause de l’élargissement après l’entrée de la Croatie. Hors d’autres pays ont manifesté leur intérêt à nous rejoindre comme la Macédoine, la Serbie, voire plus récemment l’Islande. Comment cela va-t-il évoluer? nous l’ignorons? Mais nous restons attentifs aux voix eurosceptiques qui s’élèvent et qui risquent de faire un vote de rejet ou un vote sanction lors des prochaines élections de juin.» Quant à la sortie de crise, Gérard DEPREZ voit dans le plan Energie/Climat et la volonté de l’Europe d’en prendre le leadership mondial, la solution la plus efficace pour sortir de la crise en misant sur le développement de nouvelles technologies et la recherche et l'innovation.

 

La députée française Margie SUDRE a plus axé son discours sur l’importance et sur la défense de la francophonie. Une francophonie mise plus à mal au fur et à mesure des élargissements de l’Europe. «L’Europe à 6 parlait majoritairement français. La situation a commencé à se dégrader avec l’arrivée des Anglais, puis des Scandinaves et encore plus avec l’élargissement à 10 pays de l’Est en 2004. Nous devons continuer nos efforts pour défendre notre richesse linguistique et militer pour le respect de la diversité linguistique de chaque nation.»

 

La présidente du CFE-club français pour l’Europe, Anne MONSEU-DUCARME a clôturé les débats en précisant que « même si il existe des difficultés inhérentes et logistiques majeures à fonctionner et à faire cohabiter 23 langues de travail différentes, c’est le prix à payer pour le respect de l’identité et de la culture de chaque citoyen européen.»  La visite s’est poursuivie par la visite de l’hémicycle et des débats qui s’y déroulaient et par un verre de l’amitié au bar des députés européens.



 
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