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LA STRATEGIE DE LISBONNE.

Face à la mondialisation et aux défis inhérents à une nouvelle économie fondée sur la connaissance et l’information, le Conseil européen de Lisbonne des 23 et 24 mars 2000 avait défini pour l’Union un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : « devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ».

6 domaines essentiels au crible de « L’INDICATEUR EUROPEEN DE CROISSANCE ET D’EMPLOI » du Groupe ALLIANZLes résultats lors de l’évaluation réalisée à mi-parcours du processus de Lisbonne en décembre 2005 avaient été jugés décevants et l’UE a décidé de remodeler la stratégie pour se concentrer en priorité sur la croissance et l’emploi.

6 domaines essentiels au crible de « L’INDICATEUR EUROPEEN DE CROISSANCE ET D’EMPLOI » du Groupe ALLIANZ.

L’étude du groupe Allianz1 a évalué les progrès réalisés par les Etats par rapport aux objectifs de Lisbonne dans l’Europe des 15. Elle révèle que l’indicateur de performance des objectifs de Lisbonne est atteint à 90% en 2006 contre 73% en 2005.

Le Groupe Allianz a identifié 6 domaines essentiels en les mettant à l’épreuve de l’évaluation des objectifs de Lisbonne : la croissance du Produit Intérieur Brut, la productivité du travail, le développement de l’emploi, la qualification de la main d’œuvre, l’investissement de croissance et la viabilité des finances publiques.

De manière précise, l’étude se penche sur 9 Etats membres de l’UE2, évalués sur la base de leur capacité à atteindre ces objectifs de Lisbonne dans chacun des domaines retenus. En fonction de leurs performances, chaque pays a obtenu un indice de performance global par rapport aux objectifs de Lisbonne à atteindre en 2010 (l’indice 1 équivalent à l’atteinte des objectifs).

Les résultats sont surprenants. Tous les pays analysés ont globalement progressé par rapport à 2005. Toutefois cette progression s’est faite dans des proportions diverses.

ENTRE NORD ET SUD DE L’EUROPE, LA BELGIQUE EN BONNE POSITION.

La Suède arrive en tête avec un indice de « 1,37 », supérieur au seuil fixé.
Pénalisée par un faible niveau de qualification des travailleurs et de productivité, l’Italie conserve la dernière place avec un indice de « 0,43 ».
La France, avec une croissance médiocre et une productivité stagnante, chute de la 6ème à la 9ème place avec un indice de « 0,80 ».
La Belgique obtient l’indice de « 1,09 ». Gagnant sept places par rapport à 2005, elle est propulsée n°2. Les analystes attribuent ce résultat à d’importantes performances économiques. Globalement, l’indicateur d’Allianz est dépassé dans l’ensemble des domaines sous analyse, à l’exception de l’évolution du taux d’emploi et de la croissance économique.

 

LES RESULTATS DE LA BELGIQUE

DES PLUS…

En 2006, la Belgique s’est distinguée par une amélioration de son taux de croissance du produit intérieur brut, clé déterminante dans la modernisation de l’économie, ce qui lui vaut de passer du 5ème au 4ème rang.

Les investissements dans les secteurs du progrès technique sont à améliorer, ceux-ci restant fondamentaux pour une économie basée sur la connaissance. Dans ce domaine, la Belgique reste à sa 3ème place en 2006, mais ne progresse pas. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les investissements en biens d’équipement sont tombés de 12% du PIB en 2000 à 11% en 2006.
 
La Belgique se distingue aussi, aux côtés de la Suède, du Royaume-Uni et de l’Allemagne avec un taux de productivité supérieur à celui des Etats-Unis.
La Suède conserve la première place et la Belgique se hisse du 8ème au 2ème rang.
Seules, l’Italie et l’Espagne affichent des taux de croissance négatifs.

En ce qui concerne l’état des finances publiques, la Belgique améliore sa situation et passe du 9ème  en 2005 au 4ème rang en 2006 même si la charge de la dette publique est encore trop lourde.

DE L’INTERROGATION …

La Belgique se démarque au plan de la connaissance et des qualifications, élément fondamental pour l’économie belge, puisque le potentiel d’innovation et la capacité à intégrer les secteurs économiques à haute valeur ajoutée dépendent grandement du niveau de qualification de la force de travail.

La Belgique arrive en tête en 2005 et en 2006, avec une population ayant le meilleur niveau d’éducation. 28% de la population détient un diplôme d’études supérieures et pratiquement 40% des Belges sur le marché du travail disposent d’un diplôme d’études supérieures, même si certains observateurs s’interrogent sur la valeur des diplômes obtenus.

Ces questions sont pertinentes pour la Belgique. En Europe, la corrélation est établie entre le taux d’emploi et le niveau d’éducation. Dans ce cadre, 82,5% des personnes les plus diplômés travaillent alors que ce taux est de 46,4% pour les moins diplômés.

DU SOUCI …

Le questionnement est important car la croissance de l’emploi constitue le point faible de la Belgique qui occupe la dernière place de l’indicateur d’ALLIANZ  tant en 2005 qu’en 2006.

A noter aussi : si dans l’Europe des 15, le taux d’emploi prévu par les objectifs de Lisbonne n’a pas été atteint, des progrès considérables ont néanmoins été réalisés avec la création de 10 millions d’emplois depuis 2000.
En Belgique, le taux d’emploi des 15-64 ans passe seulement de 60% en 2005 à 61% en 2006. Ce taux est loin de l’objectif de 70% assigné par Lisbonne.

 

Enfin, un point noir inquiétant doit être relevé.
Dans le domaine de la recherche & développement, seule la Suède dépasse l’objectif de Lisbonne fixé à un taux d’investissement de 3% du PIB. La Belgique passe de 2% du PIB en 2000 à 1,8% environ en 2006, juste en dessous de la moyenne de l’Europe des 15.

TRES BIEN MAIS DOIT ENCORE MIEUX FAIRE : UN BESOIN DE REFORME …

Les performances de la Belgique dans la réalisation des objectifs de Lisbonne méritent d’être soulignées. Une sérieuse piste relevée par les analystes : des réformes dont la réduction fiscale des charges du travail sont nécessaires afin de concilier une plus grande flexibilité sur le marché de l’emploi et d’avantage de sécurité pour les travailleurs par le système de « flexsécurité ».

La Belgique doit consolider ses acquis.
Notre compétitivité en dépend.
C’est la clé pour l’emploi.


NOTES

1 - Allianz SE est l’un des prestataires de services financiers les plus importants d’Europe, un groupe de réflexion  est basé à Bruxelles. L’étude, dont le principal auteur est Michael Heise, économiste en chef d’Allianz SE et de sa filiale bancaire Dresdner, porte sur l’UE des 15. L’étude est disponible sur le site : http://www.group-economics.allianz.com

2 - Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas,  Royaume-Uni, Suède, Pays-Bas




 
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