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Le monde se mobilise pour l'Afghanistan

 

 

 

Cette conférence était voulue par l’Administration OBAMA afin de mettre à plat la stratégie, et donc les ressources nécessaires, la reconstruction de l’Afghanistan. Pour en décider, 90 pays, institutions internationales et observateurs se sont mis autour de la table depuis ce mardi 31mars sous l'égide de l'ONU.Très attendues, les réponses et les ouvertures de certains pays en faveur de l’Afghanistan à l’instar du Japon, de l'Arabie saoudite, de l'Inde, de la Russie,de  la Chine -et bien sûr l'Union européenne.

 

Avec le changement d'administration, Washington avait renoncé à réclamer des contributions militaires, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Otan. Mais, sept ans après l'intervention occidentale, il s'agit toujours d'éviter que l'Afghanistan ne sombre dans le chaos. L'Amérique fournira la clef de voûte du dispositif en augmentant son contingent de 38000 à 60000 hommes, avec comme cible al-Qaida, aux confins de l'Afghanistan et du Pakistan.

Aux autres d'annoncer maintenant ce dont ils sont capables. Et on ne peut pas dire que les chantiers ne manquent pas: l'aide financière, les missions humanitaires, l'établissement de l'état de droit, le redémarrage économique ou la formation des fonctionnaires afghans. La Commission européenne est disposée à accorder 60 millions d'euros de plus à Kaboul afin de soutenir, entre autres, l'organisation des élections en août. Le format de la conférence de La Haye, plus ouvert que celui de l'Otan, doit permettre aussi de mobiliser des puissances financières qui n'ont jamais envisagé d'envoyer des troupes.

Les regards se portent vers le Japon, l'Arabie saoudite et les États du Golfe à travers la Banque de développement islamique. L'Alliance évalue à 1,5 milliard d'euros le coût par an de la formation de la police et de l'armée afghane. A voir maintenant le niveau d’engagement des différents pays européens près de 7 ans après le renversement du régime taliban. Malgré ce renversement, l’Afghanistan est toujours un des pays les plus dangereux au monde, il se classe parmi les cinq plus pauvres de la planète et le taux d'analphabétisme, après trois décennies de guerre, s'élève à 77 %. La reconstruction du pays est un image défi: le pays est gigantesque, les moyens de communication quasi inexistants, les infrastructures obsolètes, le pays est gangréné par une corruption endémique, il y  peu d'infrastructures et l’administration est quasiment inexistante.  Pour couronner le tout, le pays est le premier producteur d’héroïne et de ses frontières sort pas moyen de 90% de la production mondiale annuelle!

En matière de présence occidentale, les Américains, sont de très loin les premiers contributeurs de troupes, secondés par les Britanniques, soit près de 95 000 soldats étrangers, si l'on inclut "Liberté immuable", opération de lutte contre Al-Qaida sous commandement national américain. Les Soviétiques, au plus fort de leur invasion, dans les années 1980, avaient déployé 120 000 hommes.

L’Europe  promet de plus s’y investir. La France va d’ailleurs reproposer l'envoi de la force de gendarmerie européenne.  L’Europe pourrait envoyer  300 à 400 gendarmes. Ces éléments de la Force de gendarmerie européenne (FGE) seraient chargés, à terme, d'une mission dans les provinces afghanes dont les talibans ont été évincés par les troupes de l'Otan. Quatre pays ont donné, assure-t-il, leur accord de principe: la France, l'Espagne, l'Italie et le Portugal. Les deux derniers pays contributeurs à la FGE, les Pays-Bas et la Roumanie, restent pour le moment à l'écart.

Le projet français prévoit que des éléments de la FGE participent à la formation des forces de sûreté afghanes, elles-mêmes appelées dans le plan Obama à «sécuriser» les zones libérées par les troupes de l'Otan. Il s'agit d'une mission à la fois «plus musclée et plus exposée» que celle que l'Europe exerce depuis Ka­boul à travers Eupol, son organisation policière, dit-on de source européenne bien placée.

La mission de la FGE, composée de forces de police à statut militaire, est d'intervenir dans des pays troublés ou en guerre. Elle est censée préparer le retour à la normale dans les phases de «sortie de crise». En Afghanistan, Paris propose qu'elle soit dé­ployée progressivement, d'a­bord « dans des districts suffisamment sécurisés sur le plan militaire», comme la périphérie de Kaboul. Puis, l'expérience ve­nant, dans des provinces plus éloignées. Barack Obama a également annoncé l'envoi de renforts civils, pour aider au développement économique et politique de l'Afghanistan, et le déploiement de 4.000 soldats supplémentaires pour former les forces de sécurité afghanes. Il avait déjà annoncé un renfort de 17.000 soldats le mois dernier.

Selon le président afghan, la nouvelle stratégie a parfaitement identifié les problèmes de l'Afghanistan, en particulier le danger des sanctuaires d'insurgés opérant au Pakistan voisin, ainsi que le besoin d'une coopération régionale et l'amélioration de l'efficacité de l'aide. «La guerre contre le terrorisme et al-Qaida a une dimension régionale. Les repaires des terroristes et leurs camps d'entraînement ne se trouvent pas en Afghanistan, mais ils ont une dimension régionale», a assuré Hamid Karzaï. Kaboul accuse régulièrement le Pakistan voisin de ne pas vouloir combattre les talibans et les jihadistes qui se sont repliés dans les zones tribales pakistanaises, à partir desquelles ils lancent des attaques en Afghanistan mais aussi au Pakistan.

 


 
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