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La faim dans le monde progresse

 

 

 

 

 

 

Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde risque bientôt d'atteindre le triste chiffre record d'un milliard de personnes selon le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf.  Le premier constat à l’échelle mondiale est que le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 854 millions de personnes en 2007 à 963 millions en 2008 Or en 2001, ce chiffre n’était «que» de 815 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde et qu’à l’époque, ce chiffre diminuait en moyenne de 6 millions par an… 30 pays d'Afrique subsaharienne souffrent de sous-alimentation, soit plus de la moitié des 50 pays recensés par l'Organisation des Nations unies pourl'alimentation et l'agriculture (FAO). La Somalie détient le triste record de malnutrition de la planète: 75% de sa population en souffre. Près de 25.000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde, soit une toutes les quatre secondes.

Crise financière, gestion de stocks en flux tendus, appauvrissement des sols et terres arables, réchauffement climatique font que  le nombre de personnes souffrant de la faim, c'est à dire recevant moins de 1.800 calories par jour, devrait augmenter de près de 104 millions pour l’année  2009. Après la mauvaise production céréalière mondiale de 2007, la production de 2008 a atteint des chiffres record. En parallèle, la chute des prix du pétrole et donc des coûts à l’exportation ainsi qu’un moindre investissement dans les agro-carburants a entraîné une baisse du prix des denrées alimentaires sur la fin de l’année 2008. 

Mais l’année 2009 voit les cours de blé notamment repartir à la hausse : la production 2009 s’annonce en effet moins conséquente que celle de 2008. La cause : du fait de la baisse des cours sur la fin de l’année dernière, les producteurs ont réduit leurs semis. Ainsi, aux Etats-Unis et en Europe, malgré des conditions climatiques favorables, la réduction des surfaces cultivées devrait faire baisser notablement la production de blé. Les perspectives de l’Asie ne sont pas meilleures : la moitié des surfaces de la Chine est touchée par la sécheresse tandis que l’Inde doit faire face à des précipitations inadéquates.  A l’échelle locale, des pays restent à surveiller : en raison de l’instabilité politique ou des aléas climatiques, certaines productions comme au Kenya, Libéria, au Zimbabwe, ou en Afghanistan pourraient être sérieusement compromises, et donc la sécurité alimentaire de leurs habitants. La poursuite du système de spéculation et la fréquence des aléas climatiques achèvent d’entretenir une pression sur la production mondiale.

Avec le renflouement des stocks mondiaux à l’automne 2008, les cours des produits alimentaires ont entamé une baisse sur la fin de l’année. Mais depuis le mois de janvier, les cours du blé, du maïs et du riz sont repartis à la hausse. La baisse des prix à la consommation n’a pas été proportionnelle à la hausse continue des prix depuis 2003 et même 2007. Le prix des produits alimentaires restent donc bien plus élevés qu’avant la crise.  Cette baisse de leur pouvoir d’achat a de sérieuses conséquences sur la diversité alimentaire et le statut nutritionnel des habitants dans des pays où les taux de malnutrition sont déjà particulièrement inquiétants.


Si les projections pour 2009 se réalisent, un milliard d'hommes, de femmes et d'enfants, soit grosso modo un sixième de la population mondiale, souffriront de la faim, même si  pour Jacques Diouf, «la sécurité alimentaire est une question de paix et de sécurité» pour la planète. Idéalement, il faudrait doubler la production alimentaire d'ici 2050 pour faire face à la croissance de la population. Quant aux prix alimentaires, malgré une baisse globale de 30% depuis juin 2008, ils dépassent en moyenne les niveaux de 2006. Les prix dans les pays en voie de développement n'ont chuté que de 12 à 14% depuis juin 2008. Et ceux des aliments de première nécessité n'ont pratiquement pas baissé dans nombre de pays pauvres, selon M. Diouf. Un an après des émeutes de la faim qui avaient pourtant réveillé l’opinion publique et politique sur le fléau et le danger de la faim, la menace d’une nouvelle crise reste très prégnante.

 
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