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La Planète verte d’Obama

 

 

 

 

 

Au cours de sa vie, chaque Américain né en 2008 consommera 310.000 litres de pétrole. Les Etats-Unis demeurent le pays du monde où la consommation d'énergie primaire par habitant est la plus élevée : deux fois plus que celle d'un Européen, quatre fois celle d'un Chinois. En 2003, les Etats-Unis ont importé près de 485 millions de tonnes de pétrole brut, soit environ 10 millions de barils par jour.

Le président américain a signé les deux premiers documents relatifs à sa nouvelle politique environnementale pour réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis et les émissions de gaz à effet de serre, et stimuler la production de voitures moins gourmandes en carburant, en présence du secrétaire aux Transports, Ray LaHood et de la nouvelle directrice de l'Agence pour la protection de l'environnement, Lisa Jackson. Barack OBAMA souhaite autoriser les Etats à fixer les quotas d'émissions de gaz à effet de serre, comme avait essayé de le faire la Californie, en 2007. Dans cette optique de rupture avec l’ère Bush, sa secrétaire d'Etat Hillary CLINTON a nommé lundi un émissaire chargé du réchauffement climatique, en la personne de Todd Stern.. Pour les mais de la nature, cet homme n’est pas un inconnu puisqu’il a été le négociateur américain pour Bill Clinton du protocole de Kyoto. Il reprend son ancien poste de «négociateur en chef» de la nouvelle administration sur le réchauffement.

Des deux documents déjà signés par le nouveau président, le premier demande à l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA) de reconsidérer une demande de la Californie, visant à laisser chaque Etat fixer les plafonds d'émissions de gaz à effet de serre liés à la pollution automobile. La Californie, comme 13 autres Etats, souhaite imposer ses propres réglementations, plus sévères que les normes fédérales en matière de pollution atmosphérique. La Californie, qui représente la sixième économie mondiale, souhaite notamment ramener d'ici à 2020 ses émissions de gaz à leur niveau de 1990. Mais la requête du gouverneur républicain Arnold SCHWARZENEGGER déposée en octobre 2007 avait été rejetée deux moins plus tard par l'EPA. Cette fin de non-recevoir avait été accueillie avec soulagement par l'industrie automobile, mais avait conduit le «Golden State» et 13 autres Etats à poursuivre l'EPA devant les tribunaux. Or, au total, ces Etats, parmi lesquels New York et la Floride, représentent pas moins de 40% de la population américaine. Si la décision de l'EPA pourrait prendre plusieurs mois, mais elle ne fait néanmoins guère de doute. Cette loi passera malgré son coût dispendieux estimé à 5000 dollars par véhicule, cela fait cher pour un secteur qui se rapproche dangereusement de la banqueroute.

La seconde annonce de Barack Obama concerne les normes d'efficacité énergétiques, visant à réduire les émissions à l'échappement et à diminuer la consommation de carburant. De nouvelles normes devraient entrer en vigueur d’ici à 2011 pour les véhicules qui risquent d’être contraignantes sur certains modèles favoris du public américain- 4x4 et monospaces -  et pour le moins énergivores.  Il a également appelé à une "coalition véritablement mondiale" contre le réchauffement climatique, soulignant la nécessité que les grandes économies émergentes, la Chine et l'Inde, fassent leur part du travail.

 

Le programme écologique sera l’une des pierres angulaires du président OBAMA pour marquer sa présidence mais aussi se démarquer de la présidence précédente. Lors de sa campagne, le candidat démocrate avait d’ailleurs proposé de taxer les compagnies pétrolières pour aider les ménages modestes à faire face à la hausse du prix de l'énergie en leur versant une compensation de 1.000 dollars. Son programme mettait également l’accent sur la diversification des ressources énergétiques faisant ainsi moins dépendre les USA des pétromonarchies en mettant l'accent sur le lancement d'une filière nationale des énergies renouvelables, sur la base d'investissements publics massifs : il promet de débloquer quelque 150 milliards de dollars pour soutenir leur développement et investir dans les économies d'énergies, les biocarburants, le tout dans la perspective de créer cinq millions d'emplois.

A la clé une réduction de 80% des GES d'ici à 2050 par rapport à leur niveau de 1990, avec un seuil intermédiaire de -20% en 2020. A voir ce qu’il en sera avec des marges budgétaires de plus en plus restreintes pour cause de crise économique. Reste le débat sur la mise aux enchères des quotas de CO2. Dans une déclaration datée du 8 octobre 2007, Barack Obama annonçait qu'aucune industrie ne serait autorisée à émettre gratuitement des gaz à effet de serre. Le monde des affaires n'est pas propriétaire du ciel, qui est un bien public, et si nous voulons que les pollueurs cessent de le polluer, nous devrons donner un prix à toute pollution. Et d'en appeler à poser les fondations de la prochaine génération de protocoles climatiques, dans le cadre d'un nouveau Forum global sur l'énergie.


Depuis que les ravages de l'ouragan Katrina sur la Nouvelle Orléans et le film d’al Gore, pour lequel il a reçu le prix Nobel en 2007, le changement climatique a commencé à devenir une réalité aux Etats-Unis. Alors que George Bush n’avait que peu à faire du  réchauffement climatique, force est de constater que les Américains sont en train de prendre, encore très progressivement conscience, des dangers qui les guettent.
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) aux Etats-Unis ont, augmenté de 20% entre 1990 et 2006. Les émissions par habitant y représentaient en 2004 quatre fois celles de la Chine, même si, la même année, les émissions chinoises ont rejoint le niveau des Etats-Unis, jusqu'alors premier émetteur mondial de GES.  Il est essentiel d'infléchir les émissions des Etats-Unis et d'instaurer un système d'échange de permis d'émission dans le cadre d'un marché plafonné (cap and trade) et ce, au plus vite.

 




 
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