Daniel DUCARME présente les 7 travaux de l'Europe
A l’initiative du mouvement Pan Europe et du CFE-Club Français pour l’Europe, une première conférence débat sur le thème Les Enjeux de l’Europe face à la crise: un défi paneuropéen? s’est tenue hier soir à Bruxelles en présence d’une centaine de personnes réunis au siège du CFE.

Le premier orateur Alain TERRENOIRE, président de l’Union Paneuropéenne international a axé son débat sur le résultat des élections américaines. Si la victoire de Barack Obama est symbolique à plus d’un titre, elle risque aussi d’entraîner un recentrage de la nouvelle administration américaine sur les problèmes domestiques afin de régler la crise financière. Ce retrait peut permettre à l’Europe de reprendre sa place sur la scène internationale. A ce titre, «c’est un leurre de penser que l’Europe domine encore le monde. La Chine est là, l’Inde fait une percée sans oublier d’autres pays comme le Brésil ou la Russie. L’Europe doit se voir et se créer comme une puissance au même titre que les autres. Nous devons avoir l’ambition et l’audace d’exister par nous-mêmes» a conclu le président de Pan Europe.

Prenant brièvement la parole, Gérard BOKANOWSKI, Secrétaire général de l’Union Paneuropéenne, a rappelé l’importance du dialogue avec la Russie, notamment depuis la crise géorgienne. Un dialogue plus poussé doit également continuer son chemin au sein des pays européens concernant des domaines sensibles comme la sécurité intérieure et la défense extérieure sans oublier le grand chantier qui arrive, la régulation et la supervision du système financier avec le renforcement du FMI et des normes comptables pour relancer l’économie.
Dernier intervenant de la soirée, Daniel DUCARME qui a synthétisé la feuille de route européenne en 7 points, 7 travaux. Premièrement, l’Union doit être plus démocratique et plus politique. Lors de la crise financière, ce ne sont pas les institutions qui sont intervenues comme le parlement européen ou la commission mais le président en exercice de l’Union! Pour Daniel DUCARME, il ne faut plus se soucier de l’aspect kafkaïen de l’administration européenne. Deuxièmement, l’Europe doit être plus généreuse et plus exigeante. Alors que la crise financière déferle sur le monde, on oublie les crises alimentaires qui frappent les pays pauvres. Près d’un milliard de personnes sont dépourvus du minimum vital de nourriture. A ce titre pour Daniel DUCARME, l’Europe ne peut pas se désengager de l’Afrique et du Congo. Nous devons y faire preuve d’empathie. A côté de cela, elle doit être exigeante notamment en matière d’immigration et d’intégration. Troisièmement, l’Europe doit être libre et indépendante. Dans un monde globalisé, l’Union doit pouvoir être capable d’assurer sa liberté et son indépendance sinon elle risque de péricliter. A ce titre l’importance d’envisager de manière collective la sécurité intérieure et la défense extérieure représenteront deux dossiers majeurs.

Quatrièmement, il est important de dessiner un nouveau monde. Comme Alain TERRENOIRE l’a souligné, nous assistons à l’émergence de nouvelles puissances comme la chine ou encore l’Inde, «face à ces nouvelles puissances, l’Europe doit aller de l’avant, elle doit pousser le changement de mentalité comme par exemple demander l’élargissement du conseil de sécurité de l’ONU à ces nouvelles puissances. A côté de cela, nous devons aussi développer une politique européenne pour les expatriés. Leur donner un statut permettra à l’Union développer son leadership culturel face au leadership américain et chinois» a poursuivi le député de Bruxelles.

Cinquièmement, favoriser le retour de l’esprit d’entreprise. L’Europe doit se baser d’avantage sur la valeur du travail et sur les entrepreneurs et l’innovation. Il faut d’avantage susciter les échanges et le commerce. Sixièmement, il faut développer une politique du territoire. Pour Daniel DUCARME, «il faut redessiner les territoires et penser l’aménagement du territoire de manière globale comme on l’a fait avec la mise en place des fonds de développement régionaux, la CECA etc. Il faut aller au-delà de l’idée de consommer des lignes de crédit, il faut avoir une vision d’ensemble pour l’Europe. Que ce soit en matière de regroupement économique, d’infrastructures facilitant le transport comme l’intensification du réseau TGV en Europe.
Septièmement et dernièrement, il faut oser la relance d’un partenariat fort avec la Russie. Il faut dépasser la peur et les doutes et opter pour une vision paneuropéenne forte. Si Barack Obama recentre ses forces sur la politique intérieure américaine, l’Union devra être supplétive en matière de politique étrangère notamment lorsqu’il faudra aborder le débat crucial du renforcement de la présence européenne en Afghanistan dans le cadre de l’ISAF.

La soirée s’est terminée par le lancement par Daniel DUCARME d’un mouvement Pan Europe Bruxelles-Belgique visant à rassembler les énergies européennes à partir de Bruxelles.