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La Belgique va intégrer le Conseil des droits de l'homme de l'ONU
La Belgique veut faire entendre sa voix dans les affaires du monde et principalement dans les dossiers liés au respect des droits de l’homme. Après avoir présidé l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) en 2006, après avoir siégé au Conseil sécurité en 2007 et 2008, et avant la présidence européenne qu’elle exercera durant la seconde moitié de 2010, la Belgique va rejoindre en mai prochain le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
Mis en place depuis le 15 mars 2006, le Conseil des droits de l'homme a connu un démarrage pour le moins difficile. Et pour cause. Issu de l'Assemblée générale des Nations unies, il regroupe actuellement un certain nombre depays dont la gestion interne des droits de l’homme est plus que discutable à l’instar de que Cuba, la Chine, l'Egypte, le Gabon, l'Arabie Saoudite ou la Russie ! Pire : les « non-alignés », avec beaucoup d'Etats africains et/ou musulmans, y disposent dans des configurations variables d'une majorité automatique. Les condamnations d'Israël sont en conséquence nombreuses dans cette enceinte. Mais un silence assourdissant retombe sur le Conseil des droits de l'homme dès lors qu'il s'agit du Zimbabwe, de l'Iran ou du Soudan, par exemple malgré la guerre qui gangrène la région du Darfour et qui aurait déjà près de 300 000 morts et 2.7 millions de déplacés! Les mêmes blocages apparaissent quand est évoquée la question de la peine de mort ou celle de la dépénalisation de l'homosexualité. Ainsi la présidence tournante est actuellement occupée par le Niger.
La Belgique occupera bientôt un siège au sein de cette convention dès le mois de mai, et ce pour les trois années qui viennent. Lors de son discours prononcé cette semaine à Genève devant les représentants des 47 pays siégeant au Conseil des Droits de l’Homme, karel De Gucht a rappelé les axes prioritaires de la diplomatie belge en matière de Droits de l’Homme comme le sort des défenseurs des droits de l'homme, celui des opposants politiques, le fanatisme islamique, celui des femmes violées notamment dans les deux provinces du Kivu à l'est du Congo, et notamment la problématique endémique des enfants soldats. Le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Belgique, a déclaré que le souci principal du Conseil devrait être pour les hommes et les femmes dont les droits sont violés et qui sont privés de leurs libertés fondamentales.

« Ce matin, mes pensées vont aux femmes qui ne peuvent circuler librement ni ne peuvent décider de leur vie, sous le voile d'une orthodoxie conservatrice, a-t-il déclaré. (…) Aujourd'hui, je pense à tous ceux qui ont peur de pratiquer leur religion ou leur croyance, ou d'en changer, car cela n'est pas accepté par les autorités. Or, on ne peut et on ne doit dicter à personne ce en quoi il doit croire. La religion devrait enrichir l'esprit humain, et non pas l'emprisonner. »
Faisant allusion au débat en cours sur « la diffamation des religions », Karel De Gucht a ajouté : « Les droits de l'homme doivent protéger les individus et leurs libertés, et non pas les religions en tant que telles. » Karel de Gucht a également insisté pour que l’action du Conseil se concentre aussi sur la fin de l’impunité afin de «consolider et veiller à la mise en œuvre du droit international» .pour ceux qui ne respectent pas les droits de l’homme et a également loué la nécessaire indépendance de la haut-commissaire aux droits de l'homme.
«Le Conseil doit faire face à de nouveaux défis et se pencher sur des pays spécifiques ainsi que des thèmes tels que l'alimentation ou la lutte contre les discriminations», a également insisté le ministre. La Belgique se félicite également de la décision d'ouvrir un bureau régional du Haut Commissariat à Bruxelles. L'expertise indépendante est également cruciale pour les travaux du Conseil, de même que la contribution active de la société civile. C'est dans cette optique que la Belgique entend agir quand la Belgique sera élue cette année comme membre du Conseil des droits de l'homme; elle œuvrera pour que le Conseil réponde réellement aux attentes de victimes de violations de droits de l'homme dans le monde.
Un an après avoir tenu sa première réunion, le 18 juin 2007, le Conseil a adopté ses institutions, lui fournissant les éléments pour le guider dans ses futurs travaux. Parmi ces éléments, on trouve le nouveau mécanisme d'examen périodique universel qui permettra d'évaluer les situations de droits de l'homme dans chacun des 192 Etats membres de l'ONU. D'autres dispositifs incluent un nouveau Comité consultatifqui sert de « groupe de réflexion » au Conseil, lui fournissant expertise et conseil sur des questions thématiques des droits de l'homme, ainsi que le mécanisme révisé de procédé de plaintes, qui permet à des individus et à des organismes de porter à connaissance du Conseil des plaintes de violations de droits de l'homme. Le Conseil de droits de l'homme continue également à travailler étroitement avec les procédures spéciales de l'ONU, établies par l'ancienne Commission des droits de l'homme et assumées par le Conseil.
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