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L’abstentéisme, grand vainqueur des élections européennes?
Selon un sondage Eurobaromètre réalisé par la Commission européenne dans l'ensemble des 27 Etats-membres, le taux d'abstention lors des prochaines élections européennes du 7 juin prochain pourrait atteindre les 66% soit un record depuis le début de l'élection du Parlement européen en 1979 où à cette époque l'abstention n'atteignait "que" 37% contre 54% lors des dernières élections de 2004.
Au classement les mauvais élèves, la Pologne décroche la première place, seuls 17 % des Polonais sont certains d’aller voter. Viennent ensuite l’Autriche (21 %), la Grande-Bretagne (22 %), le Portugal (24 %), la Slovaquie (25 %), la République tchèque (26 %), la Hongrie et l’Espagne (toutes deux à 27 %), l’Italie (30 %) et la Bulgarie (31 %). Parmi les très bons élèves, la Belgique (70 %) et le Luxembourg (62 %)… deu pays où le droit de vote est obligatoire. Ces pays sont suivis par l'île de Malte et le Danemark où 56 % de leur population respective ont manifesté leur intention d'aller voter, la Suède (49 %), Chypre et la Grèce (48 %), la France et les Pays-Bas (47 %) et l ’Allemagne pointe à 43 %.

Globalement, prèss de 44 % des Européens ont déclaré s’y intéresser. La Grèce caracole en tête avec 62 % de citoyens concernés, suivie par l’Irlande (61 %), Malte (59 %) et les Pays-Bas (58 %). La France est dans la moyenne, avec 45 % de personnes intéressées. Pis : seulement 16 % des Européens sont capables de citer la date du scrutin. 16 % savent cependant que le scrutin aura lieu en juin. 86 % des Finlandais, 84 % des Britanniques et 75 % des Espagnols n’en ont strictement aucune idée… Les raisons de ce désintérêt sont d’abord l’ignorance du rôle des députés européens (64 %) et des affaires européennes (59 %). Cette méconnaissance est à son maximum en Suède, en Estonie, en Lettonie, au Portugal et en Grande-Bretagne. On découvre ainsi que seulement 53 % des citoyens de l’UE savent que les eurodéputés sont élus au suffrage universel direct. Or cette élection au suffrage durect date de 1979.
Parmi les autres raisons de l’abstention, 62 % des sondés estiment que leur vote ne changera strictement rien et 55 % jugent que le Parlement ne s’occupe pas de la vie de tous les jours. Seulement 20 % n’iront pas voter parce qu’ils sont opposés à la construction communautaire (l’Autriche, avec 35 %, vient en tête des eurosceptiques, suivie par la Grèce et la Suède, avec 28 %). Parmi les thèmes susceptibles d’intéresser les citoyens, le chômage fait un bond de 10 points en un an : 57 % des citoyens souhaitent que la campagne porte sur ce thème, suivi par la croissance (52 %). En revanche, l’inflation est en net recul (40 %). Viennent ensuite, loin derrière, les retraites, la criminalité, l’approvisionnement énergétique, la lutte contre le changement climatique, l’immigration, le terrorisme, etc.
La méconnaissance alliée à la crise économique actuelle aboutit à un effondrement de la confiance dans les institutions communautaires : le Parlement européen perd six points dans l’indice de confiance en six mois, passant de 51 % à 45 %, la Commission chute de 47 % à 42 % et la Banque centrale européenne, de 48 % à 39 %. Une défiance qui se reflète dans l’abstention massive qui menace la légitimité de la seule institution européenne élue au suffrage universel.
Pour ce qui concerne les résidents européens établis en Belgique, les chiffres officiels fournis par le SPF Intérieur, arrêtés au 4 avril 2009, montrent que 63 248 ressortissants européens se sont inscrits comme électeurs pour les prochaine sélections européennes, soit seulement 10,69%
du nombre potentiel d'électeurs européens non Belges (591.914). Le nombre d'électeurs "en Belgique" s'élève à 7.689.630. En y ajoutant les européens, on arrive à un total de 7.752.878 électeurs.