INFO FLASH

L'Albanie candidate à l'Union européenne
L’Albanie a officiellement déposé sa candidature à l’adhésion, moins d’un mois après que son accord de stabilisation et d’association, première étape du processus d’adhésion en cours depuis 2006, ne soit entré en vigueur. "C’ est un moment historique", qui "marque le retour de mon pays dans la famille des nations européennes", a déclaré le Premier ministre albanais Sali Berisha, évoquant "un rêve devenu réalité". Ce dépôt de dossier ne fera pas automatiquement de l’Albanie un candidat à l’entrée dans l’Union. C’est un premier pas vers l’obtention du statut de candidat qui nécessite l’accord des 27 Etats membres de l’UE et peut ainsi prendre beaucoup de temps. Sali Berisha y voit toutefois «un tournant important pour l’Albanie qui s’est engagée à poursuivre les réformes dans sa voie vers la démocratie».
Le chemin risque d’être long avant que Tirana, ainsi que ses homologues des Balkans, ne remplisse toutes les conditions à l’adhésion. Autre inquiétude, l’Islande, aujourd’hui ruinée par la crise financière, a manifesté son intérêt pour rejoindre la zone euro et l’Union. La récente victoire aux élections des socialistes pourrait accélérer les démarches de Reykjavík dans cette direction.

En outre, l’Albanie est sans conteste le parent pauvre du continent et aura de multiples efforts avant de rejoindre les 27 et plus encore la très prisée zone euro. Lutte contre la corruption, amélioration de la gouvernance, réforme du système judiciaire et de l’Etat de droit et des élections ne sont que quelques-uns des nombreux chantiers qui attendent ce petit pays. L'Albanie qui compte aujourd'hui quelque 3 millions d'habitants a rejoint l'Otan le 1er avril dernier, en même temps que la Croatie.
Tirana doit, entre autres, veiller au bon fonctionnement de l’Etat de droit, lutter contre la criminalité organisée, mener à bien la réforme de son système judiciaire et poursuivre avec ardeur sa lutte contre la corruption. Après, il faudrait remettre l’économie locale sur les rails et respecter les critères du Pacte de stabilité et de convergence…
Outre l’Albanie qui est dans le pipeline européen, le prochain pays qui devrait décrocher le sésame européen en janvier prochain est la Croatie et ce après 4 ans de négociations. Dans la course aux étoiles européennes, il reste la Macédoine qui trépigne depuis 2005 mais où les négociations n’ont pas encore débuté.
Par ailleurs, plusieurs Etats membres, l’Allemagne en tête, posent, de plus en plus ouvertement la question de l’opportunité de poursuivre l’élargissement de l’UE dans l’immédiat. Certains, dont l’Allemagne, plaident en effet pour une pause après l’adhésion de la Croatie en janvier 2010. Le temps, au moins, que le traité de Lisbonne, qui réforme le fonctionnement des institutions européennes et l’adapte au nombre croissant d’Etats membres, entre en vigueur et le temps aussi de digérer la crise économique.

Le Monténégro, candidat depuis décembre, devra patienter dans l’antichambre européenne au même titre que la Turquie ou encore que la Serbie qui manifeste des volontés de plus en plus nettes de rapprochement avec Bruxelles. Reste maintenant à voir si au final ca ne sera pas l’Islande qui deviendra an nez et à la barbe des Balkans le 28e Etats membre… Si Reykjavik n’a entrepris aucune démarche officielle, les voix s’élèvent pour rejoindre l’Union. Les sociaux-démocrates de la Première ministre Johanna Sigurdardottir, vainqueurs des législatives, défendent le projet d’une adhésion à l’UE et d’une adoption de l’euro dans les quatre ans. Il paraît également évident que si l’Islande dépose sa candidature, elle pourrait rejoindre l’Union en l’espace seulement de quelques mois.