
Rencontre avec un Belge d'Asie centrale
Vous êtes actuellement expatrié en Asie centrale, pouvez-nous expliquer les raisons professionnelles qui vous ont amené dans ce pays ?
C’est le plus grand des hasards qui m’a fait découvrir cette magnifique région d’Asie centrale. En revenant de mission du Rwanda, j’ai obtenu un job sur un projet financé par la Commission européenne. Il s’agissait d’évaluer les projets de la CE en Asie centrale et en Mongolie. Je ne me suis pas fait prier deux fois. J’ai commencé à travailler à Bruxelles, et une première mission s’est présentée à moi en mars 1996. Je suis resté un mois à Alma-Ata, au Kazakhstan. J’ai adoré!! Je me suis finalement installé pour de bon en Asie centrale en janvier 1997. Depuis lors, je n’ai quitté la région que pendant deux ans.
Avant de vous installer en Asie centrale, quel a été votre parcours professionnel et les pays dans lesquels vous avez résidé?
Ma première «expatriation» a été un stage de quelques mois, durant mes études, à Pondichéry, en Inde. Ces quelques mois de stage m’ont conforté dans ma décision de vouloir travailler à l’étranger. Après mes études, j’ai travaillé trois années en Belgique, comme commercial chez Panasonic et JVC, avant de sauter le pas et de partir au Rwanda pour Caritas Catholica en septembre 1994. Basé au Rwanda, j’ai visité régulièrement le Burundi et la RDC (Zaïre à l’époque). J’ai été expulsé du Rwanda en 1995, et comme expliqué plus haut, le hasard m’a envoyé en Asie centrale, ou j’ai grandi professionnellement. J’ai eu la chance d’occuper les fonctions suivantes:
au Kazakhstan de 1997 à 1998 comme Vice-Directeur de l’évaluation des projets de la CE. Au Kirghizstan de 1998-2002 comme Conseiller du Gouvernement sur les affaires européennes. Au Tajikistan de 2002 à 2003 en tant que là aussi Conseiller du Gouvernement sur les affaires européennes. Je suis revenu à Bruxelles pendant deux ans comme responsable chez Transtec de projets de la CE en Côte d’Ivoire, Nigéria, Kenya, etc… Puis à partir de 2006, le retour en Asie centrale en Ouzbékistan et au Turkménistan comme responsable des projets CE dans le renforcement de frontières et la lutte anti-drogue. Depuis 2008, je suis de nouveau en Ouzbékistan comme directeur de la maison de l’Europe, qui est le bureau de représentation de l’Union européenne dans le pays.
Quand vous avez entamé votre parcours professionnel, l'idée de vous expatrier était-elledéjà présente? Et pourquoi?
J’ai toujours été attiré par le mot «international», j’ai toujours eu envie d’habiter à l’étranger. Durant mes études à l’ICHEC, j’ai tout naturellement choisi l’option «pays en voie de développement». Cela m’a permis d’acquérir une première expérience à l’étranger, et surtout, cela m’a conforté dans mon envie de découvrir le monde.
Quel est l'état de la communauté belge en Ouzbékistan et en Asie centrale?
Il y a moins de 20 Belges à Tashkent, c’est donc une toute petite communauté, petite mais très active et très solidaire. Il y a encore moins de Belges dans les pays voisins, sauf au Kazakhstan. Pendant les 5 années que j’ai passées au Kirghizstan, j’ai été la plupart du temps le seul Belge résident. Je me souviens avoir organisé tout seul les célébrations du 21 juillet.
Quels sont les points forts des Belges de l'étranger ?
Généralement, le Belgeà l’étranger oublie les problèmes internes de la Belgique et est très solidaire. Souvent, au sein d’équipes internationales, les gens aiment bien travailler avec des Belges car nous sommes compétents et professionnels, comme beaucoup d’autres, mais nous apportons souvent une dose d’humour et de dérision qui permet de créer d’excellents rapports avec les collègues. Le Belge est encore plus apprécié lorsqu’il revient d’un voyage en Belgique avec des pralines…
Quels sont les points faibles de la Belgique à l'étranger?
Il n’y en a pas beaucoup. Surement le Belge à l’étranger est il trop modeste, par rapport à ses immenses qualités. Aussi, depuis peu, le Belge est obligé de se situer à l’étranger par rapport aux questions communautaires. Dès que quelqu’un apprend que vous êtes Belge, la question fuse directement: wallon ou flamand?
Au vu de votre expérience à l'étranger, quels sont à vos yeux les difficultés de l'expatriation pour un Belge?
Je n’en vois pas beaucoup. Le Belge a d’immenses atouts et il n’y a pas de vrais difficultés à l’expatriation. C’est une question de mentalité. Il faudrait peut être plus promouvoir les avantages de la mobilité et de l’expatriation dans les écoles supérieures et les universités.
Le réseau des ambassades belges est limité par rapport à celui de certains voisins, mais cela ne pose pas de problèmes insurmontables. Mon gros problème est d’organiser des cours de néerlandais pour mes enfants, qui sont élèves à l’école française de Tashkent.
Quels sont les prochains défis que vous avez envie de réaliser? Souhaitez-vous rester à l'étranger ou envisagez-vous un retour en Belgique?
Des défis, j’en ai encore beaucoup. J’aimerais quitter l’Asie centrale en résidant quelque temps dans le seul pays dans lequel je n’ai pas habité, le Turkménistan. Sinon, si je retourne au Kirghizstan, j’aimerais y ouvrir une école française. Je suis très attiré également par l’aise du sud-est, et par l’Afrique.
Je n’envisage pas de retour en Belgique définitif, mais plutôt des retours entre de longues missions à l’étranger. Si mes enfants me demandent de rentrer d’une manière définitive, je suis prêt à le faire, mais jusqu’à présent, ils sont enchantés avec le style de vie qu’ils mènent.
Pourquoi rejoindre le MRI?
J’ai rejoins le MRI il y a quelques années déjà car c’est le seul parti qui se soucie vraiment des belges expatriés. C’est grâce au MRI que j’ai obtenu une carte d’identité. Avant, je ne disposais que de mon passeport. Et c’est grâce au MRI que nous avons pu enfin commencer à voter. Donc, merci!
Quelle est votre devise?
La première: «Rien n’est impossible»
La deuxième, acquise durant de longues marches dans les montagnes kirghises: «Ce sont les derniers mètres qui comptent…»