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DANIEL DUCARME A BERLIN:

Penser l’avenir pour la Défense européenne

 

 

C’est en tant que représentant de l’Union de l’Europe Occidentale (UEO) que Daniel DUCARME préside ce lundi 10 novembre à Berlin un panel de réflexion dans le cadre de la 7e conférence organisée sur la sécurité et la défense européenne organisée conjointement par l’Union européenne, l’UEO, le Parlement européen et diverses associations européennes impliquées dans la Défense.

Le Député de Bruxelles y présentera les conclusions de son rapport sur la Stratégie européenne de Sécurité adopté par l’Assemblée parlementaire de l’UEO le 3 juin dernier et il abordera également les premières conclusions de son second rapport portant sur  la  Stratégie de sécurité et de défense commune pour l’Europe.

Pour Daniel DUCARME:«L’Europe doit plus que jamais affronter des défis de politique étrangère et de sécurité qui requièrent des réponses collectives au niveau de l’UE plutôt que des initiatives nationales traditionnelles. Le monde a connu ces dix dernières années des bouleversements qui ont suscité des inquiétudes géopolitiques très différentes et engendré de nouvelles menaces graves, créant ainsi un environnement politique et sécuritaire dans lequel il est impossible d’ignorer l’importance de démarches communes et le danger – voire le caractère irresponsable – des approches isolées et unilatérales. Le monde dans lequel nous vivons est un monde beaucoup moins occidental, de moins en moins régi par les systèmes internationaux traditionnels; de plus, l’absence des Etats-Unis dans certains domaines donne à l’UE la possibilité de prendre davantage d’initiatives.»

Comme il l’a détaillé dans son rapport la Stratégie européenne de Sécurité, Daniel DUCARME estime que la défense européenne doit reposer sur 5 piliers forts. Premièrement, la mise en place d’un fondement doctrinal fort pour mener une politique européenne de défense grâce au Traité de Lisbonne. L’identification d’une personne qui sera à la fois Vice-président de la Commission et Haut-Représentant pour la politique étrangère, de défense et de sécurité va modifier de manière radicale la manière dont l’Union va gérer sa politique étrangère et sera perçue de par le monde. Deuxièmement, le Traité de Lisbonne évoque une assistance mutuelle entre Etats membre alors que le Traité de Bruxelles qui fonde l’OTAN parle de défense mutuelle. Daniel DUCARME regrette que« le Traité de Lisbonne n’évoque que l’assistance sachant que lorsqu’on parle de défense mutuelle, cela induit l’automaticité de l’intervention en cas d’agression ou d’actes terroristes ce qui n’est pas le cas avec le terme d’assistance.» Troisièmement, le Député soutient l’idée qu’il faut d’avantage développer des coopérations structurées permanentes. Cette nouvelle coopération est destinée à faciliter le processus de constitution de capacités entre les Etats membres qui veulent engager davantage de ressources. Ce système permettra aussi une plus grande mise en commun des différents moyens militaires des pays partenaires en mettant à la disposition des pays partenaires leurs meilleurs atouts en matière militaire. Cette politique de mise en commun aura aussi une influence non négligeable à terme sur le budget militaire de l’Union.

Quatrièmement, Daniel DUCARME a insisté sur l’importance de l’émergence d’un marché européen de l’armement. La capacité politique doit s’appuyer sur une capacité industrielle. « Cette dimension est essentielle pour asseoir sa propre défense et une stratégie industrielle commune permettrait de créer aussi d’avantage de compétitivité et le développement de standards en matière d’armement, voire des programmes-cadre pour l’industrie européenne comme elle l’a déjà fait pour d’autres industries.»

Enfin, dernier point, la question essentielle du partenariat avec l’OTAN. Ce débat doit d’être relancé car il est fondamental tant en matière de sécurité intérieur, de rééquilibre entre les deux partenaires, sans oublier la façade orientale avec la Russie qui est pleine évolution depuis quelques années. La récente crise géorgienne est là pour en témoigner. «Au vu des périls qui nous entourent, l’Europe n’a d’autres choix que de s’en prémunir via des capacités opérationnelles européennes autonomes. En outre, il est parfois préférable de mener certaines bannières en-dehors du giron connoté de l’atlantisme. Au moment où l’OTAN célèbre ses 60 ans et qu’elle se prépare à revoir sa charte et à redéfinir ses objectifs, il revient à l’Europe d’ouvrir la voie au partenariat UE-OTAN en précisant la part d’autonomie de liberté et de charges qu’elle entend prendre. L’indépendance européenne et la préservation de nos intérêts communs sont à ce prix.»

Au-delà des enjeux géopolitiques traditionnels et de l’émergence de nouvelles puissances tant économiques que militaires comme l’Inde, la Chine ou la Russie, Daniel DUCARME insiste dans son second rapport sur l’émergence de nouvelles problématiques propres à déstabiliser les relations internationales à l’instar du terrorisme, de la cybercriminalité, du réchauffement climatique, de la raréfaction des ressources alimentaires et énergétiques qui risquent de devenir à terme des sources de fortes tensions. Ainsi pour Daniel DUCARME, “La sécurité énergétique à long terme est essentielle pour l’Union et ses membres, qui sont nombreux à dépendre de pays tiers pour leur approvisionnement en pétrole et en gaz. Aujourd’hui, l’Europe importe environ 50 % de l’énergie qu’elle consomme et ce chiffre devrait passer à 64 % d’ici 2030. Mais l’instabilité et l’imprévisibilité qui règnent sur les sites d’où proviennent ces ressources naturelles ont démontré la fragilité des pays consommateurs. L’UE ne peut pas être à la merci de la hausse des prix ou de la crainte de la rupture des approvisionnements. Les préoccupations énergétiques s’ajoutant à celles qui concernent le changement climatique – associées aujourd’hui à une multitude d’autres défis – l’UE doit affronter de plus en plus de problèmes sécuritaires à l’échelle mondiale, très divers et en constante évolution; ils doivent donc être traités par des politiques et des stratégies concrètes, grâce à une coopération et une unité accrues sur le plan international.»

Au vu de cet état de fait, Daniel DUCARME a également plaidé pour un renforcement des liens entre l’UE et l’ONU. «Le moment est particulièrement opportun pour que les deux instances consolident et améliorent leurs relations pour venir à bout des problèmes existants et des défis naissants. Une coopération plus poussée permettrait aussi de promouvoir l’influence de l’UE concernant la protection des droits de l’homme et sa vision d’un ordre mondial fondé sur les règles. Si elles veulent approfondir leur coopération, elles doivent viser une plus grande cohésion, notamment dans l’expression de leurs objectifs et la détermination de leurs efforts, mieux partager l’information pour prévenir les crises, clarifier leurs objectifs communs en cas de crise et faire participer l’ensemble de la communauté internationale.»

Daniel DUCARME a également plaidé en faveur du enforcement de la coopération avec les pays tiers afin d’assurer une meilleure sécurité tant des frontières intérieures qu’extérieures de l’Europe. Il a aussi préconisé la création d’une Force d’intervention civile et militaire européenne de 60 000 hommes en cas de crise  notamment pouvant permettre l’évacuation des ressortissants européens que ce soit lors de crise politique comme au Liban en 2006 ou de crise écologique majeure comme le tsunami qui avait ravagé les côtes sud-asiatiques il y a bientôt quatre ans.

 

 

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