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INFO FLASH

 

 


DEPLOIEMENT DU BOUCLIER ANTIMISSILE:

 MOSCOU VOIR ROUGE

 

Depuis le lancement du projet américain de bouclier antimissile, Moscou voit d’un mauvais œil l’installation aux abords de ses frontières de ce système de défense stratégique américain. Pire, certains anciens satellites soviétiques sont les premiers à souhaiter accueillir le dispositif américain ce qui a eu pour effet de déclencher la colère des autorités russes. «Si le déploiement véritable d'un bouclier américain de défense stratégique débute à proximité de nos frontières, nous serons alors forcés de réagir non pas par des méthodes diplomatiques, mais par des méthodes militaro-techniques», a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le projet de bouclier antimissile vise à implanter en Europe de l’Est d’ici à 2011/2013 une partie des éléments du bouclier antimissile destiné à protéger le territoire européen contre d'éventuelles attaques d'Etats dits "voyous" comme l'Iran : dix missiles intercepteurs, que les Etats-Unis aimeraient déployer dans le nord de la Pologne et une station radar en République tchèque.

Après plus de 4 ans d’âpres négociations, et faisant fi d’une opinion publique défavorable à 70%, la République Tchèque a signé le 8 juillet dernier un accord avec le gouvernement américain prévoyant l'implantation d'une base de radars sur le sol tchèque. L'autre partie de ce dispositif devrait être déployée en Pologne avec une base antimissiles, mais les négociations se poursuivent avec Varsovie. Le but affiché des Etats-Unis est officiellement de prévenir d'éventuelles attaques provenant d’"Etats voyous" pour reprendre la terminologie américaine. "C'est vraiment un accord historique, un accord convenant pour des amis et alliés affrontant une menace commune", a déclaré mardi la Secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza RICE suite à l'accord avec Prague.

 Les opposants au projet américain remettent en cause le caractère «uniquement défensif» du dispositif américain, estimant qu'il n’avait rien à voir avec la sécurité tchèque. Après le souvenir douloureux de l’occupation soviétique, l’opinion publique tchèque craint de devenir une cible des Etats qualifiés de "vouyous" par Washington, ou de groupes terroristes.

Si l’accord avec Prague est entériné, il n’en va pas de même pour la Pologne qui a exigé en échange de la présence du bouclier antimissile sur le territoire polonais, l’installation permanente du système de défense antiaérienne Patriot, rendu célèbre pendant la Première Guerre du Golfe.

Pour le Premier ministre polonais Donald TUSK, la donne est simple. L’installation du bouclier crée de nouvelles menaces contre lesquelles le gouvernement polonais veut se prémunir notamment via l’installation des missiles Patriot sur son sol.  Cette décision est un nouveau point de discorde avec le président conservateur Lech KACZYNSKI, partisan inconditionnel du bouclier, qui a multiplié les pressions sur le gouvernement libéral.

Devant les réticences polonaises, le gouvernement américain a entamé des discussions avec la Lituanie, pour voir si Vilnius pourrait prendre le relais. Si Washington estime que le bouclier antimissile doit être considéré dans la perspective d’une protection contre certains etats bélligérants, Moscou voit ce déploiement, aux portes de ses frontières, comme une menace à sa propre sécurité et à son intégrité territoriale. Dmitri MEDVEDEV, le nouveau Président russe, a exprimé hier, à l'issue d'une rencontre avec George Bush, en marge du sommet du G8, de «sérieuses inquiétudes». Quant au possible déploiement du bouclier en Lituanie, il est jugé «absolument inacceptable» par Moscou.

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