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Rapprochement entre l’Union Européenne et la Chine?
Après les affres connues sous la Présidence Française de l’Union, la Chine et l'Europe, premières puissances commerciales de la planète, se retrouvent cette semaine à Prague pour un sommet où la réconciliation, même symbolique, est le but recherché. La dernière fois, la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama avait tellement suscité l’ire du régime chinois et entraîné l’annulation du sommet UE-Chine prévu à Lyon en novembre 2008 sous présidence française.
Afin de rattraper le temps perdu, dirigeants européens et chinois se retrouveront une troisième fois cet automne à Pékin. Et l’urgence est là, outre que les deux entités représentent les plus grosses puissances commerciales du monde, la crise économique et l’effondrement des échanges (20% des importations européennes proviennent de Chine) a précipité le sommet. Bruxelles souhaite que Pékin coopère pour faciliter les échanges commerciaux, participe aux ressources du FMI décidée par le G20 et au plafonnement des émissions de C02, enjeu du grand rendez-vous environnemental de la fin de l'année à Copenhague. Le sommet de Prague va réunir côté européen le président tchèque Vaclav Klaus, dont le pays préside l'UE, celui de la Commission européenne José Manuel Barroso ainsi que le diplomate en chef Javier Solana, et côté chinois le Premier ministre Wen. "Nous voudrions travailler avec l'UE et saisir l'occasion de promouvoir ensemble notre partenariat stratégique", a dit le porte-parole des Affaires étrangères, M. Ma Zhaoxu, lors d'un point de presse, "la participation du Premier ministre Wen Jiabao à cette rencontre montre, en elle-même, la sincérité de la Chine". M. Ma a expliqué qu'une série d'accords de coopération seraient signés à Prague dans le cadre de la lutte contre la crise économique, sans fournir de détails.

À l'approche du sommet, la République populaire s'en est tenue à deux requêtes traditionnelles: les transferts de technologies européennes et le statut d'économie de marché, brevet européen de bonne conduite qui lui permettrait d'éviter des taxes anti-dumping. La fermeture de facto d'une partie du marché chinois aux entreprises étrangères et surtout le gonflement spectaculaire du déficit commercial des Vingt-Sept (168 milliards d'euros l'an dernier) tempéreront l'ardeur européenne.
Les échanges entre l'Union européenne et la Chine ont triplé en valeur entre 2000 et 2008. Les exportations de l'UE à 27 vers la Chine sont en effet passées de 26 milliards d'euros en 2000 à 78 milliards en 2008, et les importations de 75 milliards à 248 milliards d'euros, selon les chiffres d'Eurostat.
La Chine est le deuxième plus important partenaire commercial de l'Union européenne après les Etats-Unis. Le pays représente 6% des exportations et 16% des importations de l'UE. L'Allemagne est de loin le premier pays européen exportateur vers la Chine en 2008 avec 34 milliards d'euros, soit 43% des exportations de l'UE vers la Chine. La France suit (9 milliards, soit 11%) puis l'Italie et le Royaume-Uni (6 milliards chacun, soit 8%). L'Allemagne garde également la première place en matière d'importations avec 21% des importations de l'UE. Près de 60% des exportations de l'UE vers la Chine en 2008 étaient des machines et véhicules. Les principales importations correspondent à des ordinateurs et pièces détachées, des téléphones mobiles et des jeux vidéo.

Sur le plan politique, les frustrations subsistent. L'Europe n'a pas digéré que Pékin sacrifie, sans explication et sur un préavis de 72heures, un sommet programmé de longue date à Lyon, le 1erdécembre dernier. La Chine, de son côté, a réellement peu apprécié la poignée de main entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama et a d’ores et déjà mis en garde ses hôtes européens qui seraient tentés de recevoir le Dalaï Lama. Ce dernier étant en effet attendu à partir de la fin mai en France, aux Pays-Bas et au Danemark.
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