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La Corée du Nord profite de la tournée d’Hilary Clinton pour rouvrir le dossier des missiles.
L'état-major de l'armée populaire du Nord s'est déclaré prêt à «une confrontation générale». Et a accusé les États-Unis et la Corée du Sud de préparer une offensive. Washington et Séoul risquent de «payer au prix fort» leurs provocations, a affirmé l'agence de presse nord-coréenne. Pyongyang dénonce des exercices militaires que doivent mener dans les prochaines semaines les forces américaines et de Corée du Sud dans la région. A côté de ça, il a annoncé le lancement d’ une fusée Unha-2 afin de mettre en orbite un satellite de communication Kwangmyonsong-2 à partir du site de lancement de Donghae dans la province du Hamgyong du Nord. Depuis deux semaines, les services de renseignements américains et sud-coréens redoutent un tir d'essai d'un missile de longue portée de type Taepodong 2 capable d'atteindre le nord des Etats-Unis.

Depuis que Barack Obama a indiqué durant sa campagne sa volonté de parler aux Etats classés «ennemis» de l'Amérique comme la Corée ou encore l’Iran, Kim Jong-il rêve d'un grand marchandage par lequel il pourrait monnayer la survie de son régime et une aide économique en utilisant son seul atout: son programme nucléaire et ses missiles pointés sur les alliés américains japonais et sud-coréens. Continuant dans cette stratégie, la Corée du Nord a annoncé le prochain lancement d'un «satellite». Une initiative interprétée par la communauté internationale comme un test de missile longue-portée, susceptible d'atteindre l'Alaska en emportant une tête nucléaire. Séoul a d’ailleurs accusé sa rivale communiste du Nord de déployer des nouveaux missiles de moyenne portée représente une «menace directe et sérieuse», affirme le nouveau livre blanc sur la défense présenté à Séoul.
Toujours selon ce livre blanc, l'armée populaire a renforcé tous azimuts ses capacités d'attaques conventionnelles depuis 2006. La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a fait passer à 1,19 million le nombre de ses troupes de 20 000 soldats et a augmenté de 60 000 hommes ses "forces spéciales", tirant "la leçon de la guerre en Irak et en Afghanistan". Selon le Livre Blanc, la RPDC a produit 40 kg de plutonium, – soit suffisamment pour cinq bombes atomiques. Les experts doutent néanmoins qu'elle dispose de la technologie pour fabriquer des têtes nucléaires. Le renforcement du potentiel militaire nord-coréen annoncé par Séoul intervient alors que les relations inter-coréennes sont plus tendues qu'elles ne l'ont jamais été depuis une dizaine d'années. Pyongyang, courroucé par la politique du président Lee Myunq-Bak, plus intransigeante à son égard que celle de ses prédécesseurs, accuse Séoul de précipiter la péninsule au "seuil de la guerre". Parallèlement à ce programme nucléaire, la dictature nord-coréenne a aussi modernisé sa flotte sous-marine. Des centaines de missiles de courte portée, souvent mobiles, sont pointés le long de la frontière vers la Corée du Sud, visant en particulier Séoul et ses dix millions d'habitants. Vendredi dernier, l'état-major sud-coréen a prévenu qu'il était prêt à frapper l'artillerie communiste au moindre dérapage sur la frontière.
Toutes les capitales d'Asie s'inquiètent du renforcement des capacités de Pyongyang, en particulier du déploiement de missiles intermédiaires capables d'envoyer une charge explosive à 3000km. D’autant plus que les satellites espions américains ont repéré sur la côte est de la péninsule les préparatifs d'un test de missile de type Taepodong-2 qui serait capable d'atteindre l'Alaska en emportant une tête nucléaire. Une menace pour l'heure théorique puisque la dernière tentative, en 2006, avait tourné au fiasco au bout de seulement quarante secondes. Et nombre d'experts s'interrogent sur les capacités de Pyongyang à maîtriser cette technologie. Mais un tir réussi pourrait être le moyen le plus efficace pour Kim Jung-il d'attirer l'attention de la nouvelle Administration Obama et de démarrer une négociation en position de force. A Séoul on attend avec inquiétude car le nouveau président sud-coréen en place depuis un an a suspendu la politique d’ouverture en faisant de la dénucléarisation une condition sine qua non à toute coopération.
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