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Premier discours d'Obama au Capitole
Barack Obama a prononcé son premier discours au Capitole, un discours attendu sous fond de crise internationale et de récession de l’économie américaine. "Notre économie a beau être affaiblie et notre confiance ébranlée, je veux que chaque Américain sache ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous relever, et les Etats-Unis en sortiront renforcés", a-t-il déclaré, dès le début de son intervention.
En l’espace d’une heure, le nouveau président américain a présenté son programme promettant non seulement de sortir de la crise, mais également de régler des problèmes "retardés depuis des années", tels que l’endémique réforme des systèmes de santé et de retraite, réforme sur laquelle tous ses prédécesseurs se sont cassés les dents. Barack Obama veut que le Congrès adopte une réforme du système d'assurance-maladie dès cette année. «La réforme de la santé ne peut pas attendre et elle n'attendra pas encore un an», a-t-il souligné mardi soir sous les applaudissements des deux Chambres du Congrès.
L'objectif est très ambitieux car la réforme sera coûteuse: Obama prévoit la création d'un fonds de réserve de 634 milliards de dollars sur dix ans. Or, les finances fédérales sont gravement mises à mal par la récession et le plan massif de relance juste voté. il s'agit de responsabiliser les 53% d'Américains qui aujourd'hui bénéficient d'une couverture subventionnée - en moyenne à 75% - par leur employeur permettant le financement d'assurances-santé tantôt privées, tantôt publiques, non seulement de la poche des employeurs, mais aussi des employés et des contribuables.
Obama recommande la création d'une «bourse nationale de l'assurance». Les assureurs privés offriraient des plans au public qui devraient répondre à des normes nationales. Ils seraient en concurrence avec un régime public nouveau. Il appartiendrait aux Américains de choisir. Barack Obama envisage une mise en place progressive de ce système, dont il chiffre le coût initial à 90 milliards de dollars par an. Diverses réformes ponctuelles peuvent d'autre part ralentir la hausse des coûts de la santé. À la différence de la réforme ratée sous Bill Clinton dans les années 1990, les entreprises poussent aujourd'hui le Congrès et la Maison-Blanche à agir. Elles sont asphyxiées par des primes qui, en moyenne, dépassent 1000 dollars par mois pour un employé et sa famille. L'instauration d'un contrôle des prix des médicaments non génériques est, par exemple, probable. Le plan de relance tout juste voté prévoit en outre jusqu'à 5 milliards de dollars de crédits pour informatiser les dossiers médicaux des Américains, ce qui réduirait les coûts administratifs des assureurs et des fournisseurs de soin.

Autres priorités, l’éducation, notamment faire en sorte que tous les Américians poursuivent leur scolarité jusqu'à 18 ans, et l’arrêt de la torture, dossier déjà engagé suite à la fermeture de Guantanamo. A côté de cela, en cinq semaines, Barack Obama a déjà proposé un plan de relance gigantesque (787 milliards de dollars) et des mesures pour aider les petits propriétaires menacés de saisies immobilières (75milliards). Il prépare de nouvelles actions de soutien pour les banques – dont il n'a rien dévoilé – et pour l'industrie automobile qui réclame d'avantage d'aides. Après la dégringolade du secteur bancaire, notamment de Citygroup et Bank of America, la nouvelle administration devra s’asseoir au chevet des constructeurs automobiles, General Motos étant au bord de la faillite et ses deux concurrents Chrysler et Ford mal lotis également.

Sur l'énergie, enfin, le président américain a tenté de mobiliser ses compatriotes en faisant valoir que les Etats-Unis ont pris du retard sur l'Allemagne ou le Japon, alors que le pays qui aura la clé de l'énergie propre et renouvelable sera le leader du XXIe siècle. "Je n'accepte pas un monde où les emplois et les industries de demain se créent au-delà de nos frontières", a-t-il dit.
A ce vaste programme, M. Obama vient d'ajouter une nouvelle contrainte : réduire le déficit (actuellement de 1 300 milliards de dollars, soit 9,2 % du produit intérieur brut) de moitié avant la fin de son mandat. La réduction du déficit serait financée par le non-renouvellement, dès 2010, des crédits d'impôts accordés aux foyers les plus riches par George Bush, au moyen des économies réalisées par le retrait des troupes d'Irak, et par des coupes dans des programmes du Pentagone datant de la guerre froide.
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