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PRES DE 14 MILLIONS DE PERSONNES MENACEES PAR LA FAMINE

 


Depuis le début de l'année, des "émeutes de la faim" ont éclaté dans une quarantaine de pays. Mexique, Haïti ou encore au Cameroun, les populations sont descendues dans la rue pour protester contre la hausse des prix des denrées alimentaires de base. Le pire reste néanmoins à craindre… Selon la FAO, le nombre de personnes ne mangeant pas à leur faim est passée, seulement en l’espace de quelques mois, de 854 millions à 900 millions. Pire, selon les derniers chiffres du Programme Alimentaire International (PAM) qui dépend de l’ONU, près de 14 millions de personnes seraient directement menacées par la famine.


Consciente du problème, le communauté internationale tente de s’organiser. En l’espace de trois mois, le PAM, l'agence des Nations unies chargée de lutter contre la faim dans le monde, a récolté près de 1 milliard de dollars de promesses de financements supplémentaires à son budget annuel initial de 2 milliards d’euros. Néanmoins pour sa directrice Josette SHEERAN, la mobilisation doit continuer. « Le défi véritable, ce sera l'année 2009 et les suivantes. On estime qu'il y a un milliard de personnes qui vit avec moins de 1 dollar par jour, pour nous le seuil de pauvreté en deçà duquel la survie est problématique.Or, avec l'envolée des prix alimentaires et de ceux de l'énergie, le pouvoir d'achat que représente un dollar a été d'un coup divisé par deux ! Ces populations sont dans une situation de vulnérabilité extrême. Elles sont les principales victimes de la crise actuelle. »


Les causes de la crise alimentaire sont connues et multiples. Les variations climatiques et notamment les sécheresses, le cours du brut qui atteint des sommets, la raréfaction des terres cultivables notamment à cause de la culture des biocarburants et la modification des habitudes de consommation principalement en Inde et en Chine expliquent la crise alimentaire mondiale que nous vivons et la flambée des prix.


Premières victimes les pays pauvres et principalement l’Afrique. Ainsi près de 14 millions de personnes sont directement menacées de famine dans 5 pays africains à savoir l'Ethiopie, l'Erythrée, la Somalie, le Kenya et l'Ouganda. La sécheresse qui frappe la région et qui a engendré de mauvaises récoltes successives, les troubles politiques et militaires endémiques et la flambée du prix du pétrole ont encore plus qu’ailleurs fait exploser le prix des dernrées alimentaires.


Le dernier G8 a aussi vu les pays les plus riches du monde s’inquiéter des problèmes de sécurité alimentaire et a demandé aux pays qui disposent de stocks de nourriture en quantité suffisante «de rendre disponible une partie de leurs excédents pour les pays dans le besoin» face à l'augmentation des prix mais d'une façon qui ne porte par atteinte aux règles commerciales.
Selon les huit dirigeants des pays parmi les plus riches du monde, « l'impact négatif de cette récente évolution pourrait faire faire retomber des millions de gens dans la pauvreté et faire régresser les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs du millénaire des Nations unies » portant notamment sur la réduction de la pauvreté et de la mortalité infantile dans le monde.


Autre inquiétude, la culture de plus en plus importante de biocarburant. Ainsi la FAO a estimé dans un récent rapport que cette nouvelle production de biocarburants aurait privé la planète de quelque 100 millions de tonnes de céréales.
Loués pour leurs bienfaits jusqu’il y a peu et notamment comme étant une alternative au pétrole cher et à la pollution, les biocarburants sont maintenant pointés du doigt. Selon le directeur de la FAO, l’organe de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, Jacques DIOUF, près de 100 millions de tonnes de céréales comme le maïs et le blé, qui auraient pu servir à l'alimentation, ont été détournés de leur utilisation initiale afin de créer des biocarburants. « La hausse des prix du pétrole et les barrières commerciales font qu'une proportion croissante de la production agricole se transforme en matière première compétitive pour le secteur de l'énergie. Le marché énergétique est si important et la demande pourrait être si forte que cela pourrait modifier radicalement les systèmes agricoles traditionnel », a déclaré Jacques DIOUF.


Ces propos viennent confirmer l'étude confidentielle de la Banque mondiale révélée par le quotidien britannique The Guardian il y a quelques semaines. Ce rapport, non publié, révélait ainsi une hausse de 140% d'un panier de prix alimentaires depuis 2002 jusqu'en février 2008. «La hausse des prix de l'énergie et des engrais ont contribué à une hausse de seulement 15%, tandis que les biocarburants ont contribué à une hausse de 75% sur cette période» indiquait cette étude, qui ajoute que les biocarburants ont créé des «déséquilibres» puisqu'une partie des céréales n'est plus destinée à l'alimentation, mais aux carburants.


Lors du dernier sommet de la FAO à Rome, cette dernière s’est engagée à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d'ici à 2015 et ce, malgré une crise alimentaire mondiale. Le temps presse.

 

 

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