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WASHINGTON OUVRE LA PORTE DU DIALOGUE AVEC TEHERAN SUR LE DOSSIER NUCLEAIRE

 

Le sous-secrétaire d’Etat aux affaires politiques, un des haut-responsables du Département d’Etat américain, William BURNS, devrait rencontrer prochainement à Genève l’un des négociateurs iraniens, Saïd JALILI, durant une réunion avec le chef de la diplomatie européenne Javier SOLANA. Au menu: le dossier très sensible du nucléaire iranien. Cet acte est un changement de cap  dans de la politique de Washington qui avait jusqu’à présent refusé d’entamer des négociations avec l'Iran tant que Téhéran ne suspendait pas son programme d'enrichissement de l'uranium. Or la semaine dernière, le régime iranien a clairement indiqué à l'Union européenne qu'il n'entendait pas suspendre son programme d'enrichissement.

Même si aucune rencontre bilatérale ne semble être programmée,  la présence du numéro 3 du Département d’Etat est jugée comme «unique». Au cours de sa visite, William BURNS devrait une nouvelle fois réitérer en Suisse la position de la Maison-Blanche : engagement de discussions seulement lorsque Téhéran aura abandonné l'enrichissement.

Présidées par Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de défense commune (PESD), les discussions de samedi devraient porter sur le paquet de mesures incitatives politiques, économiques et technologiques proposé mi-juin à Téhéran par le Groupe des Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) en échange de l'arrêt de son programme nucléaire. Les Occidentaux offrent ainsi au régime iranien leur aide pour développer un programme nucléaire civil et la reprise des contacts directs. Mais, selon la France, l'Iran ne fait «pas mention de la suspension des activités sensibles», exigée par les grandes puissances. Néanmoins, il est possible que "dans un futur prochain, des discussions dans différents domaines aient lieu avec les Etats-Unis", a ainsi assuré mardi le président iranien Mahmoud AHMADJNEJAD. Sur place, l’émissaire américain devrait "recevoir la réponse iranienne" à la dernière offre des six puissances impliquées dans les négociations. 

A l’heure actuelle, Téhéran ne ferme la porte à aucune piste et reste ouverte aux discussions. Simple reflet d’un désaccord entre pragmatiques et extrémistes ou volonté de gagner du temps? Il n’empêche, les Etats-Unis renforcent toujours leur présence militaire dans le golfe Arabo-Persique et le MOSSAD envisage la possibilité d’une frappe aérienne contre les installations nucléaires iraniennes. Certaines voix voient dans les dernières provocations des gardiens de la révolution, un « coup de bluff » destiné à sortir la tête haute des discussions de Genève.

Malgré le fait que Washington appartienne au Groupe des Six chargé de négocier le programme nucléaire iranien, les relations restent extrêmement rares entre les deux capitales. En outre, les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques depuis 1980 lors de la prise d’ otages de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Fin juin déjà, Washington avait envisagé de tendre la main à Téhéran.  Près de 30 ans plus tard, il n’est pas impossible que les Etats-Unis reviennent progressivement en Iran notamment via l’installation d’un premier poste diplomatique chargé de développer les intérêts financiers et commerciaux communs.

Malgré ce discours apaisant, Téhéran semble continuer à vouloir jouer la carte de la provocation notamment en procédant à des exercices de tirs de missiles de longue portée. Ces missiles ravivent la tension et la peur d’un déséquilibre régional attisé par les autorités iraniennes disant «qu’en cas d'attaque contre son territoire, Téhéran viserait 32 bases américaines et le cœur d'Israël ».

 

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