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La crise financière aura eu raison du gouvernement islandais
Le Premier ministre islandais Geir Haarde a annoncé aujourd'hui la démission immédiate de son gouvernement regroupant le parti de l'Indépendance, formation de centre-droit du Premier ministre qui partageait le pouvoir avec le parti social-démocrate depuis mai 2007. Cette démission est un dommage collatéral de la crise économique qui secoue le pays depuis des mois. Selon le calendrier les élections n’auraient pas dû avoir lieu avant 2011. Suite aux pressions des manifestants, les élections anticipées ont été planifiées pour le 9 mai de cette année. La coalition au pouvoir est accusée d’avoir mal géré la crise et ses sondages sont au plus bas au profit du parti Gauche-Verts.

L'Islande, petite île de 320.000 habitants non membre de l'Union européenne, qui avait basé sa prospérité sur un secteur bancaire hypertrophié, a vu son économie terrassée par la crise internationale à l'automne. En octobre, le gouvernement a été contraint de prendre le contrôle à la hâte des trois premières banques du pays, à court de liquidités, suscitant la colère des habitants dont nombre d'entre eux ont perdu leur emploi et ont vu leurs économies partir en fumée.
Et si Geir Haarde avait annoncé il y a quelques jours qu'il ne se représenterait pas en 2011 pour raisons de santé, cela n'avait pas suffi à calmer la population, habituellement très consensuelle. Près de 5.000 personnes ont bravé le froid polaire islandais pour réclamer la démission du gouvernement ce samedi.
Pendant une vingtaine d’années, les Islandais ont pu se compter parmi les citoyens les plus riches du monde. Aujourd’hui, la couronne a perdu 50 % de sa valeur, et sur cette île où l’on importe quasiment tout, l’inflation a fait un bond de plus de 18 %, précipitant les Islandais dans la rue. Considéré jusqu’il y a encore quelques mois encore comme l'un des Etats les plus prospères de l'OCDE, l’Islande dont une partie majeure de l'économie reposait d'abord sur les services et la finance, était même devenue en 2007 le pays où le PIB par habitant était le plus élevé au monde. Mais du fait de la crise financière, le pays va connaître cette année une contraction de 9,6% de son économie. Le chômage, jusqu'alors anecdotique, devrait toucher près de 7,8% de la population active.

Depuis l’effondrement de son système bancaire, le 6 octobre, ce petit pays de 313 000 habitants est en état de choc. Les Islandais restent stupéfaits de voir leurs responsables politiques tomber malades les uns après les autres, le Premier ministre sortant Geir Haarde a annoncé qu’il souffrait d’une tumeur à l’œsophage, et le leader des sociaux-démocrates, la ministre des Affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, était atteinte d’une tumeur au cerveau.
Les «nouveaux Vikings», soit l’élite financière islandaise se cachent depuis le début de la crise. Cette quinzaine de personnes s’était partagé les banques du pays lorsque le gouvernement avait décidé de les nationaliser en 2001. Réitérant la fable du bœuf et de la grenouille, certains d’entre eux ont multiplié les investissements à l’étranger, allant jusqu’à engager dix fois le PIB de l’île. Avec les dégâts que l’on connaît aujourd’hui...
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