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L'Islande bientôt européenne?

 

 

 

Un nouveau gouvernement, coalition entre les deux principaux partis de gauche, a été officiellement investi suite à la victoire de la gauche islandaise lors du scrutin législatif anticipé d'avril. À sa tête, la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir, 66 ans, ancienne ministre des Affaires sociales.   Son gouvernement s'appuie sur une coalition réunissant l'Alliance sociale-démocrate et le parti Gauche-Verts.Son but: Gérer la crise financière, sortir le pays du marasme économique et surtout envisager l’adhésion à l’Union Européenne. 

Pendant une vingtaine d’années, les Islandais ont pu se compter parmi les citoyens les plus riches du monde. Aujourd’hui, la couronne a perdu 50 % de sa valeur, et sur cette île où l’on importe quasiment tout, l’inflation a fait un bond de plus de 18 %, précipitant les Islandais dans la rue. Considéré jusqu’il y a encore quelques mois encore comme l'un des Etats les plus prospères de l'OCDE, l’Islande dont une partie majeure de l'économie reposait d'abord sur les services et la finance, était même devenue en 2007 le pays où le PIB par habitant était le plus élevé au monde. Mais du fait de la crise financière, le pays va connaître cette année une contraction de 9,6% de son économie. Le chômage, jusqu'alors anecdotique, devrait toucher près de 7,8% de la population active.

Dans cette petite île, la tempête financière a tout soufflé sur son passage: les banques, la monnaie et les économies de quelque 85000 petits épargnants. En tête, en 2007, du classement par l'ONU des «pays où l'on vit le mieux», l'Islande et ses 320000 habitants sont aujourd'hui sous perfusion du FMI, le Royaume-Uni a placé les banques islandaises sous la même législation que les mauvais terroristes islamistes et le pire risque encore d’arriver quand on sait que l'ensemble des dettes des banques islandaises totalise plusieurs fois le PIB de notre pays (contre, à titre d’exemple, 5% du PIB américain pour les Etats-Unis).

Ces cinq dernières années, le revenu des ménages avait augmenté de 45% en moyenne et le crédit grandement encouragé pour ne pas dire sollicité spontanément.  Avec la dévaluation de la couronne, qui a dévissé de près de 50%, certains foyers ont vu doubler le montant de leurs échéances… tandis que la valeur de leurs biens s'effondrait. En outre n’étant pas dans la zone euro, la monnaie islandaise continue d’être soumise à de fortes variations et le pays ne peut profiter du plan de relance global.  

Selon les prévisions de la banque centrale, le produit intérieur brut devrait fondre de 9,9% en 2009. L'agence locale pour l'emploi s'attend à quelque 18000 chômeurs à la fin mai, soit 10% de la population active. Quant à l'inflation, elle vient d'atteindre, en janvier, le taux record de 18,6% sur un an. Même les immigrés, principalement d’Europe de l’Est, fuient le pays.

Si néanmoins les raisons d’espérer existent encore que ce soit sur le potentiel intellectuel du pays, la production d’énergies renouvelables ou le tourisme. Une nouvelle voie, à la faveur de la crise trace son chemin, celui de rejoindre l’Union Européenne. Une telle demande est bien entendue jugée positivement par les instances européennes selon le commissaire européen à l'Élargissement, Olli Rehn. Les négociations pourraient même être accélérées pour faire de l'Islande le 29e État membre, en même temps que la Croatie, en 2010.

Le gouvernement islandais soumettra "bientôt" au vote du parlement une demande de candidature à l'Union européenne qui devrait être faite en juillet, a déclaré le Premier ministre Johanna Sigurdardottir. Une résolution allant dans ce sens sera bientôt déposée au Parlement et la décision d'adhésion devra ensuite être entérinée par référendum.

La question européenne divise toutefois profondément la coalition formée par les Sociaux-démocrates de Mme Sigurdardottir et par les Gauche-Verts de l'eurosceptique ministre des Finances M. Steingrimur Sigfusson. Aussi, dans sa déclaration de politique générale, le gouvernement précise que "les deux parties assument leurs divergences sur la question européenne mais que les deux parties insistent sur leur volonté conjointe pour que ce soit la nation, qui, au bout du compte, par référendum, décide si l'Islande rejoindra l'UE".

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 
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