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Israël appelé aux urnes

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Cinq millions d'Israéliens se rendent mardi aux urnes pour élire les 160 membres de la Knesset, l'Assemblée nationale israélienne. Ce scrutin anticipé se déroule après une brève campagne marquée par l'opération militaire contre le Hamas à Gaza. Les principaux candidats ont surtout axé leur discours sur le thème de la sécurité de l'État. Le centre de gravité politique s'est réorienté vers la droite, et la montée de l'extrémiste LIEBERMAN a été l'événement marquant de cette courte campagne électorale.

Après un mandat d'Ehoud Olmert marqué par deux guerres, l'une contre le Hezbollah au Liban-Sud en 2006, l'autre contre le Hamas à Gaza le mois dernier, et alors que l'Iran menace de se doter du nucléaire, l'électorat israélien est à la recherche d'un homme fort. Deux des principaux candidats,NETANYAHOU et Barak, ont déjà été premier ministre dans les années 1990. Tous deux ont quitté leur poste avec des cotes de popularité au plus bas. Tous deux mettent pourtant l'accent sur leur expérience. La troisième, Tzipi Livni, du parti Kadima n'a pas complètement réussi à effacer les doutes qui planent encore sur sa fiabilité en temps de crise.  Le type de scrutin était une proportionnelle à un tour, la dispersion des votes induira normalement l’obligation de créer des coalitions pour gouverner. Ainsi 33 partis sont en lice, et il leur suffit de 2% des suffrages pour avoir un siège à la Knesset.

Pour le poste de Premier Ministre, trois candidats se dégagent nettement Benjamin NETANYAHOU du Likoud, Ehoud BARAK du parti travailliste et actuel Ministre de la Défense et TIPZI Livni de Kadima et actuel Ministre des Affaires étrangères.

Ces élections devaient marquer le  retour de NETANYAHOU aux affaires. Battu par Ehoud Barak en 1999, éclipsé par Ariel Sharon depuis 2001, NETANYAHOU tiendrait sa revanche. Mais la montée de Lieberman, ses promesses au Shas et la droitisation du Likoud risquent de le rendre plus dépendant que jamais de l'extrême droite, le privant de la coalition de centre droit qu'il souhaitait former, comme Sharon avant lui. Il lui restera ensuite à gérer l'écart entre ses promesses de campagne (pas de restitution du Golan, pas de négociation sur Jérusalem, et pas de retrait de Cisjordanie), qui lui auront permis de satisfaire ses électeurs, mais le mettront, s'il remporte demain les élections, dans une position délicate vis-à-vis des États-Unis, qui se sont prononcés en faveur de ces solutions. Même si les avancées diplomatiques israéliennes ont pratiquement toutes été initiées par la droite, Nétanyahou se retrouvera comme en 1996-1998 sous la surveillance étroite de ses alliés.

Il pourrait encore être battu par le parti Kadima et Tipzi LIVNI au coude à coude dans les sondages. Jusqu’il y a peu, les sondages assuraient une franche victoire à la droite, avec le Likoud de Benjamin Netanyahou à sa tête. Mais les derniers chiffres ont presque réduit l’écart entre Likoud et Kadima à zéro, à la suite de la montée d’Avigdor Lieberman qui rogne des voix sur le Likoud. Tzipi Livni pourrait donc avoir une chance de former le futur gouvernement. Celui-ci pourra cependant difficilement être autre chose que de tendance de droite. Car même si Kadima l’emporte sur le Likoud, tout indique que le bloc de droite restera majoritaire.

La campagne militaire à Gaza a bouleversé les priorités. Elle a ranimé les réflexes d’autodéfense. La plupart des Israéliens estiment que l’opération "Plomb durci" est loin d’avoir réglé son compte au Hamas. Aussi, le vote portera sur la recherche du leader à poigne, qui défendra le pays non seulement contre l’ennemi arabe, mais aussi contre l’incompréhension et l’hostilité de la communauté internationale. Si la campagne s’est principalement focalisée sur l’aspect sécuritaire les autres thèmes comme l’économie et les problèmes sociaux ont été peu abordés par les protagonistes. Or, l'économie flirte avec la récession et un quart des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté. La  croissance pour l'année 2009 a été ramenée de 2,7 % à 0,2 %. Une dégringolade qui clôt le cycle initié en 2003, durant lequel le PIB israélien gonfla de 5 % chaque année.

Les programmes proposés vont de la facture néolibérale classique pour Netanyahou , un interventionniste soft pour Ehoud Barak, et libérale tempérée pour Tzipi Livni. Ministre des finances de 2003 à 2005, M. Nétanyahou est considéré, au choix, comme l'homme qui a tué l'Etat-providence israélien en décapitant les programmes sociaux ou celui qui a sauvé l'économie du pays en réformant le système bancaire. Sans surprise, la pièce maîtresse de sa plateforme économique est une baisse de l'impôt sur le bénéfice des entreprises de 27 % à 18 %. les premiers résultats devraient être connus dans la nuit. A charge après pour le président Shimon PERES de trouver une nouvelle coalition gouvernementale.

 

 

 

 

 

 

 

 

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