
Libye : Réactions de l'Union européenne
À l'heure où les événements s'enchaînent en Libye, la réaction de l'Union européenne prend de nombreuses formes. L'UE a d'oers et déjà imposé des sanctions contre les dirigeants libyens. Dans un esprit de solidarité, les États membres coordonnent le rapatriement de leurs ressortissants et mènent une opération commune de contrôle des frontières en Italie. Une aide humanitaire est acheminée dans la région. Le 11 mars, les dirigeants de l'UE se réuniront pour examiner les lignes stratégiques de la réaction de l'Union.
La Libye au premier plan des préoccupations
L'UE a condamné fermement le recours à la violence et à la force contre la population civile, et déploré les mesures de répression qui ont frappé des manifestants pacifiques et qui ont causé la mort de centaines de civils. Les ministres des affaires étrangères, de l'intérieur, de l'énergie et de la défense de l'UE se sont réunis ces derniers jours pour évaluer la situation. Le président du Conseil européen a convoqué une réunion extraordinaire des dirigeants de l'UE à Bruxelles le jeudi 11 mars, consacrée à l'examen de ses propositions sur les lignes stratégiques de la réaction de l'Union aux événements qui se déroulent en Libye et en Afrique du Nord.
Embargo sur les armes et autres sanctions
Le 28 février, l'UE a imposé un embargo sur les armes destinées à la Libye, conformément à la résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies le 26 février, et a interdit le commerce avec ce pays d'équipements susceptibles d'être utilisés à des fins de répression interne. Cette décision a été prise au sein du Conseil avec une rapidité sans précédent.
L'Union a également imposé une interdiction de visa et un gel des avoirs concernant Mouammar Kadhafi et d'autres responsables de la répression violente exercée contre la population civile. Les sanctions adoptées par l'UE mettent en œuvre les mesures préconisées par les Nations unies tout en allant plus loin.
Les négociations relatives à un accord-cadre entre l'UE et la Libye et les contrats de coopération en cours avec ce pays sont suspendus depuis le 22 février.
Accélération du rapatriement des ressortissants de l'UE
L'UE met en commun ses ressources pour évacuer ses citoyens de la Libye. Les missions diplomatiques des États membres de l'UE à Tripoli travaillent jour et nuit pour rapatrier leurs ressortissants, en coordination avec l'ambassade de la Hongrie, qui représente l'Union sur place. Depuis le 23 février, dans le cadre du mécanisme de protection civile, le Centre de suivi et d'information aide à recenser et à mettre à disposition les moyens nécessaires pour les opérations d'évacuation, y compris par voie maritime.
Au 3 mars, on estimait qu'environ 1 100 citoyens de l'UE se trouvaient encore en Libye, parmi lesquels environ 70 souhaitent quitter le pays. La Commission européenne a reçu de la Hongrie et de la Bulgarie des demandes de cofinancement d'opérations d'évacuation permettant de mettre en lieu sûr des ressortissants d'autres États membres également. Les opérations d'évacuation menées actuellement se concentrent prioritairement sur Tripoli, Benghazi et la région de Jalu / Nafura.
La cellule de planification des mouvements de l'État-major de l'UE se concerte avec les États membres et le Centre de suivi et d'information pour faciliter la coordination des moyens militaires en vue de mener à bien l'évacuation ou à des fins humanitaires.
Opération de contrôle des frontières
En Méditerranée centrale, l'Italie et Frontex, l'agence de l'UE chargée du contrôle des frontières, mènent l'opération commune "Hermès 2011". Lancée le 20 février à la suite d'une demande officielle présentée par le gouvernement italien, cette opération a pour objectif d'aider l'Italie à faire face aux flux migratoires réels et potentiels en provenance d'Afrique du Nord. De nombreux États membres de l'UE mettent à disposition des moyens techniques (équipements navals et aériens, notamment) et du personnel spécialisé.
Aide humanitaire
La Commission a affecté une somme de 30 millions d'euros pour répondre aux besoins humanitaires en Libye et dans les pays voisins. Dans un premier temps, une aide médicale et alimentaire, des abris et autres biens de première nécessité sont fournis aux réfugiés qui pénètrent en Tunisie ou en Égypte. Dès que la situation en matière de sécurité en Libye le permettra, cette aide sera étendue à l'intérieur du pays.
Toutefois, la situation humanitaire en Libye demeure dans une large mesure mal connue, l'accès au pays étant très limité et la présence d'organisations humanitaires restant faible. Des experts de la Commission européenne ont été déployés dans l'est de la Libye, où ils procèdent actuellement à une première évaluation des besoins humanitaires.
À la suite de l'appel conjoint lancé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et l'Organisation internationale pour les migrations en vue d'un programme d'évacuation humanitaire massive de dizaines de milliers d'Egyptiens et d'autres ressortissants de pays tiers aux frontières avec la Tunisie et l'Égypte, la Commission européenne a déjà annoncé qu'elle fournirait à ces deux organisations une partie importante de son aide financière.
Soutien au mouvement démocratique
Mme Catherine Ashton, Haute Représentante de l'UE, a établi un groupe spécial réunissant des experts du Service européen pour l'action extérieure et de la Commission en vue d'adapter les instruments existants de l'UE pour aider l'Afrique du Nord. L'objectif est de mettre en place un vaste ensemble de mesures correspondant aux besoins spécifiques de chaque pays.