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INFO FLASH

 

 

MICHEL BARNIER HAUSSE LE TON

 

 

 

 

 

Depuis plusieurs jours, Michel BARNIER, Ministre français de la Pêche et europhile plus que convaincu, ne cache pas son agacement face à la volonté de la Commission européenne d’interdire avec deux semaines d’avance la pêche au thon rouge en Méditerranée. La Commission, chiffres à l’appui, a estimé que les quotas de pêche étaient dépassés, Paris conteste la validité de ces chiffres et plaide dès lors, pour le maintien de l’activité des thoniers. Paris n’est pas la seule capitale à fustiger la position de Bruxelles.

Ainsi l’Italie, la Grèce et l’Espagne ont critiqué la décision, jugée unilatérale, de la Commission. Cette fermeture concerne les thoniers senneurs, de grands chalutiers qui pratiquent la pêche industrielle. Elle s'applique depuis le 16 juin pour la Grèce, la France, l'Italie, Chypre et Malte, et depuis ce lundi pour l'Espagne.


Les Ministres de l’Agriculture et de la Pêche seront en réunion à Bruxelles ce mardi afin d’aborder cet épineux dossier. Par l’entremise de Michel BANIER, la France plaidera pour une réforme du système des quotas de pêche afin qu’ils correspondent à la réalité. Le Ministre français, lui-même ancien Commissaire européen, a réaffirmé lundi soir ne pas être convaincu par les explications et les chiffres avancés par Bruxelles et son Commissaire chargé de la pêche, Joe BORG, pour justifier l’interdiction deux semaines avant terme.

 

Néanmoins un vote annulant l’interdiction paraît fort improbable car cela nécessiterait une majorité qualifiée au sein des vingt-sept Etats membres. « Je ne suis pas dans l’état d’esprit d’entrer en conflit avec la Commission et de livrer une guérilla. Ce qui m’intéresse c’est qu’elle explique de manière claire ce qu’elle décide et pourquoi elle le fait. Pour l’instant nous sommes plusieurs ministres de la Pêche qui ne comprenons pas la décision unilatérale de la Commission » a déclaré hier Michel BARNIER aux journalistes.


Mourad KAHOUL, président du Syndicat des thoniers méditerranéens, a également laissé éclater sa colère estimant que cette décision était « la mort subite » pour les pêcheurs et a d’ailleurs estimé qu’ « On tue des familles sur des suppositions. Nous avons affaire à des bolcheviques, ici c’est pire que dans les années 40 ! » a conclu le syndicaliste.

Les thons rouges de Méditerranée sont parmi les plus appréciés au monde et ils représentent 8 % du total des thons importés. Mais les Japonais consomment 70 % du thon provenant de la Méditerranée Il n’est pas inutile de rappeler que la pêche aux thons est l’une des plus rentables du monde et que Bruxelles, au nom de la protection de l’espèce, a déployé un véritable arsenal de contrôle constitué de près de 50 bateaux et de 16 avions pour surveiller que les thoniers respectaient bien l’interdiction.


L’interdiction vise uniquement les thoniers senneurs, ces énormes chalutiers capables de remonter jusqu'à 300 tonnes de poisson totalisant 70 % des prises de cette espèce de thon. Or c’est précisément en juin que l’écrasante majorité des thons, un chiffre pouvant aller jusqu’à 90%, sont capturés à raison de 550 tonnes par jour. Les enjeux économiques sont aussi de taille quand on sait que les thons de bonne qualité de 200 à 300 kilos se négocient entre 20 000 et 30 000 euros.


Et la demande ne cesse de croître avec la popularité grandissante de la cuisine japonaise et de ses traditionnels sushis, mondialement reconnu et consommé depuis quelques années.
L'interdiction tombe aussi particulièrement mal pour les gouvernements, déjà aux prises avec les mouvements de grogne des marins devant faire face à la flambée des prix du gazole.

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