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MUGABE REELU AU ZIMBABWE
Et de 6! Robert MUGABE, le dictateur du Zimbabwé a été réélu pour un sixième mandat consécutif à la tête du pays. Victoire à la Pyrrhus puisque l’opposition de Morgan TSVANGIRAI, pourtant arrivée en tête au premier tour, n’avait pas osé se présenter au second tour, de peur des représailles envers ses partisans.
Le plus ancien chef d’Etat africain, 84 ans dont 28 ans de pouvoir absolu, a été réélu avec près de deux millions de voix lors de ce scrutin, soit 90% des voix. Plus de 200 000électeurs ont tout de même osé voter vendredi pour le parti de l’opposition dont le nom figurait toujours sur les bulletins, et qui s’était retiré de la course estimant que les risques de représailles et de violence étaient trop grands pour leurs partisans.
Si le dictateur zimbabwéen a déjà été intronisé, l’Union européenne et les Etats-Unis ont qualifié cette élection de «simulacre» et d’»imposture». La secrétaire d'État, Condoleezza Rice, en visite dimanche à Pékin, a appelé «la communauté internationale à agir avec fermeté» à l'égard du Zimbabwe. L’Union africaine a également condamnée la manière dont les élections ont été tenues, le scrutin ayant été qualifié de «ni libre, ni équitable». Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est efforcé de clarifier sa position sur la crise. Il a "plusieurs fois répété que les conditions n'étaient pas en place pour une élection libre et équitable" au Zimbabwe et, selon lui, le résultat du vote "n'a pas reflété la réelle volonté du peuple zimbabwéen ni produit un résultat légitime", a indiqué un de ses porte-parole.
Quant aux autres chefs d’Etat du continent noir, c’est un silence embarrassé qui prédomine les présidents des États africains, d’autant plus que le 11e sommet de l’Union africaine doit s’ouvrir ce lundi dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, en Égypte. Johannesburg a d’ailleurs déjà mis à mal une résolution déposée par la Grande-Bretagne au Conseil de sécurité de l'ONU visant à déclarer «illégitime» l'élection présidentielle au Zimbabwé. Lors de la réunion à Charm el-Cheikh, les pays africains pourraient tomber d’accord sur un compromis, le président sénégalais, Abdoulaye WADE, a déjà évoqué un tandem Mugabe-Tsvangirai dans lequel le chef de l'opposition occuperait le poste de Premier ministre doté de larges pouvoirs.
D’autres pencheraient pour une solution plus édulcorée qui verrait Robert MUGABE occuper la fonction présidentielle de manière uniquement protocolaire dépouillée de tout pouvoir spécifique. Néanmoins, il y a fort à parier que les chefs d’Etat africains fassen,t la sourde oreille à l’appel du Mouvement pour le Changement démocratique de Morgan TSVANGIRAI et à celui de Desmond TUTU qui leurs ont demandé de ne pas reconnaître la réélection de Robert MUGABE.
Dans son discours d'investiture, le président MUGABE se dit prêt à un dialogue sur le partage du pouvoir. En clair, il apparaîtrait que MUGABE pourrait ouvrir des négociations pour former un gouvernement d’union nationale avec le MDC. Le MDC, quant à lui, réclame des négociations pour définir une période de transition, rédiger une nouvelle constitution et préparer des élections.
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