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L'OCDE prédit un "tassement brutal" de l'économie africaine en 2009
Guerres civiles, famines, sécheresses, analphabétisme et épidémies sont souvent les stéréotypes que les télévisions nous montrent au sujet de l’Afrique moderne. Néanmoins, pour beaucoup de pays africains, ils affichent une croissance soutenue depuis près de cinq ans. Néanmoins, l'Afrique, à l’instar des autres continents du monde, va également subir de plein fouet les affres de la crise financière qui déferle sur les places boursières depuis septembre 2008.

Les prédictions de l’OCDE sont, à ce titre, pessimistes et prédisent un «tassement brutal» de l’économie en 2009 sur l’ensemble du continent noir. Autre source d’inquiétude pour l’OCDE, ce freinage économique pourrait dangereusement entraver les avancées démocratiques dans certains pays. La croissance dans les pays exportateurs de pétrole devrait baisser à 2,4 % en 2009, comparé à 3,3 % pour les pays importateurs, précise le rapport, publié conjointement par la BAD, l'OCDE et la Commission économique Nations Unies pour l'Afrique. Les auteurs du rapport voient cependant la croissance du continent revenir à 4,5 % en 2010.

Le produit intérieur brut (PIB) africain devrait progresser de 2,8% l'an prochain, soit moitié moins qu'en 2008 (+5,7%), avant de connaître une "reprise modérée" en 2010 (+4,5%), estime l'Organisation de développement et de coopération économiques en Europe, jugeant ses prévisions "plutôt optimistes". Les raisons de ce tassement en 2009 sont de plusieurs ordres: premièrement l’interconnexion de l’Afrique aux autres continents touchés par le crise, la raréfaction des transferts d’argent des migrants africains vers leur pays d’origine qui représente une manne de 15 milliards de dollars par an pour l'Afrique, sans oublier la réduction des investissements étrangers du à l’effondrement du commerce international et la vulnérabilité du prix des matières premières et autres minerais. A ce titre, les pays exportateurs de pétrole et de minerais seront les premiers exposés aux effets de la crise.

Sur les 52 pays étudiés, 4 pays verraient leur PIB reculer: Les Seychelles (-0.4%), le Congo (-0.6%) qui outre la récession économique fait toujours face une guerre civile depuis 1994 qui est l’une des plus meurtrières au monde, le Tchad (-0,7%) et surtout l'Angola, pays exportateur d'or noir, qui pourrait perdre en un an... 23 points de croissance (+15,8% en 2008, -7,2% prévu cette année). Plus globalement, l'Afrique australe devrait être la grande perdante de la crise (+0,2% de croissance attendu cette année), comparé à l'Afrique de l'est (+5,5%). Première économie du continent, l'Afrique du Sud ne sera pas épargnée: son PIB devrait progresser de 1,1% cette année, contre 3,1% en 2008. Selon un document de travail du Bureau international du Travail, "le taux de croissance de l'Afrique qui était de 6,2% en 2007 et de 5,2% en 2008, va baisser de 3,25% en 2009".

L'OCDE s'inquiète également des retombées politiques de la crise principalement en matière de bonne gouvernance et de respect de l’Etat de droit. Pour l’OCDE, "la marche vers la démocratie a récemment marqué le pas" avec les récents renversements de régime en Guinée, Guinée-Bissau et à Madagascar. L’aggravation des difficultés économiques provoque une augmentation du risque de crise politico-sociale, notamment dans les États fragiles, comme l’ont démontré les « émeutes de la faim » de 2007. Le défi consistera à maintenir les politiques menées dans un contexte de baisse des recettes publiques et de soutien incertain des pays donneurs. L’amélioration de la gouvernance et le renforcement de la transparence à travers des consultations électorales régulières et des réformes de l’administration peuvent également constituer des solutions alternatives.
Malgré ce contexte pessimiste, d’autres raisons d’espérer persistent. Ainsi l’OCDE pointe une meilleure gestion macro-économique ou encore le développement des relations commerciales avec la Chine et l’Inde qui rendent les pays africains moins dépendants de leurs traditionnels partenaires européens.
En savoir plus:
Consulter la synthèse du rapport de l'OCDE: Cliquer ici
Consulter le site de la Banque africaine de Développement : Cliquer ici
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