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Lancement du Partenariat oriental
Calqué sur le modèle de l’Union pour la Méditerranée lancée le 13 juillet dernier, la Présidence tchèque lance le Partenariat oriental, version «Est» de ce que l’Europe a fait pour son flanc sud. Au menu de ce partenariat oriental, le développement de liens, d’échange et de projet avec six ex-républiques d'URSS n’étant pas candidate à l’adhésion.
Le chemin sera clairement semé d’embûches avec des républiques au pouvoir politique instable, à l’économie moribonde et que Moscou considère toujours comme «siennes». Si Moscou regarde l’élargissement européen avec une pointe d’angoisse, il est dans l’intérêt de l’Union de stabiliser ses différentes zones frontalières et d’y développer des partenariats économiques. Ce qui se passe dans les pays d’Europe Orientale et du Caucase du Sud n’est pas sans conséquences pour l’Union Européenne. Les élargissements récents ont rapproché ces pays de l’UE et de ce fait, leur sécurité, leur stabilité et leur prospérité ont une influence grandissante sur l’UE. Le potentiel qu'offrent ces pays pour la diversification de l’approvisionnement de l’UE en matière de sources d’énergie en est une illustration.

Les ex républiques soviétiques impliquées sont au nombre de 6: Belarus, Ukraine, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie et Moldavie. Cet approfondissement impliquera la signature de nouveaux accords d’association qui incluront des accords de libre-échange renforcés et globaux avec les pays qui souhaitent renforcer leurs relations et en sont capables, l’intégration graduelle dans l’économie de l’UE et la facilitation des déplacements vers l’UE par le biais de la libéralisation progressive du système de visas, accompagnée de mesures fortes pour combattre l’immigration irrégulière. Le Partenariat Oriental devrait aussi promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance, renforcer la sécurité énergétique, promouvoir des reformes sectorielles et la protection de l’environnement, encourager les contacts interpersonnels, soutenir le développement économique et social, offrir des ressources financières supplémentaires pour des projets visant à réduire les déséquilibres socio-économiques et accroitre la stabilité dans la région.
Autant dire que le chantier est vaste. Le Belarus est souvent considéré comme la dernière dictature d’Europe et a été interdite de siéger au Conseil de l’Europe, l’Azerbaïdjan est sous la coupe autoritaire d’Ilham Aliev, l’Ukraine est déchirée entre une faction moderniste pro-occidentale et les conservateurs proches de Moscou. La Moldavie connaît les mêmes tensions entre Bucarest et Moscou quant à la Géorgie, tout le monde se rappelle de la guerre qui l’a opposée à Moscou l’été dernier pour le contrôle de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Quant à l’Arménie, alliée russe indéfectible, elle est embourbée depuis des années dans le conflit qui l’oppose à l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabakh.

L’Union avait lancé une politique de voisinage pour que son élargissement aux pays d’Europe centrale ne s’accompagne pas d’une nouvelle ligne de fracture sur le Vieux Continent. Le Partenariat oriental est maintenant censé soutenir des projets concrets pour développer l’Etat de droit et la démocratie, améliorer la sécurité énergétique ou faciliter les relations interpersonnelles, poursuivre les réformes politiques et économiques pour aboutir à une llibéralisation du commerce et d'une ouverture progressive des frontières même si la participation au Partenariat n’est pas une promesse d’adhésion à l’Union.
Le projet de déclaration finale devrait, néanmoins, faire l'objet jusqu'au dernier moment de négociations serrées : plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, la France, l'Espagne, les Pays-Bas et la Belgique, refusent en particulier d'assouplir les conditions d'octroi de leurs visas, de peur de susciter de nouvelles vagues migratoires. Ces Etats craignent de voir le partenariat oriental se transformer en une sorte d'antichambre vers l'adhésion à l'UE, alors que la Russie accuse déjà l'Union de vouloir élargir sa "sphère d'influence" par le biais de cette initiative.
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Communication du Conseil sur le Partenariat oriental: Cliquer ici
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