
Le retard technologique marginalise les Pays les Moins Avancés
Dans son rapport publié le 19 juillet dernier, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), a identifié les 50 pays les moins avancés (PMA). Selon la CNUCED, aucune croissance économique durable ne peut être enregistrée, et aucune réduction de la pauvreté ne peut être observée, dans les PMA, tant que ces pays n´ont auparavant réussi un développement de leurs capacités productives et la création d´emplois productifs durables.
Le rapport 2007 sur les PMA approfondit cette idée en insistant sur l´accumulation du savoir, les compétences technologiques et la capacité d´innover comme conditions essentielles pour un authentique développement des capacités productives dans ces pays. Sur la cinquantaine de pays cités, une trentaine se situe en Afrique.
La politique économique qui prévaut actuellement dans la majorité des PMA ne fait aucune place à l'apprentissage ni à une intégration dans l'économie mondiale par l'innovation. Or le savoir est devenu une donnée essentielle dans un monde globalisé hautement concurrentiel et les PMA risquent d’être de plus en plus marginalisés. Selon la CNUCED, cette situation engendrera une détérioration des conditions de vie des 767 millions d'habitants de cette cinquantaine de pays.
Le directeur de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, a recommandé "l'adoption de politiques nationales permettant de favoriser et d'absorber les technologies". Mais vu les lacunes en ce domaine, les PMA risquent de rester voués à la production de produits de base à faible valeur ajoutée et à la fabrication de produits faisant appel à une main-d'œuvre peu qualifiée. Autre danger souligné par le rapport, la fuite des cerveaux. "En 2004, environ un million de personnes qualifiées originaires des PMA vivaient et travaillaient dans des pays développés", relève la CNUCED. Un chiffre équivalant à 15 % des 6,6 millions de personnes ayant reçu une formation universitaire dans les pays les plus pauvres. Par ailleurs, "il y a 94,3 chercheurs pour un million de personnes dans les PMA, contre 313 dans les pays en développement et 3 728 dans les pays riches", souligne l'agence onusienne.
Ce rapport est le premier travail complet sur l´objectif vital du développement technologique et du renforcement des capacités à innover dans les PMA. Il est présenté par la CNUCED comme un outil de sensibilisation à l´importance de l´économie du savoir, et d´enrichissement du dialogue qui entoure la nouvelle philosophie de la coopération et du développement, selon laquelle la réduction de la pauvreté dépendra, beaucoup plus largement qu´on ne le reconnaissait auparavant, du développement des capacités productives.
Téléchargez l'intégralité du rapport 2007 de la CNUCED
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