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Rencontre avec Michel Grevesse-Sovet, notre nouveau Délégué pour le Luxembourg

 



 


Vous êtes actuellement expatrié au Luxembourg, pouvez-nous expliquer les raisons professionnelles qui vous ont amené dans ce pays ?

A la fin de l’année 1989, ma femme, après de brillantes études universitaires en sciences économiques en France et de hautes études commerciales à Bruxelles, a décroché une première mission professionnelle à Luxembourg. Nous avons alors décidé de quitter Bruxelles – où j’exerçais déjà une activité professionnelle – pour nous installer au Grand-Duché.

Il a donc fallu que je recherche rapidement un nouvel emploi. Comme je participais régulièrement à des réunions  au sein du quartier général bruxellois d’une grande marque informatique, le représentant d’un distributeur luxembourgeois m’a alors offert l’opportunité d’une rencontre avec son dirigeant et nous avons conclu un contrat.

Depuis plus de 20 ans, nous vivons heureux dans ce pays qui nous a accueillis les bras ouverts, où nous avons fondé une famille et tissé progressivement un réseau amical local et international.


Avant de vous installer au Luxembourg, quel a été votre parcours professionnel et les pays dans lesquels vous avez résidé?

Après mes études commerciales en 1986, j’ai effectué mon service militaire à Vilvoorde durant 12 mois. A l’issue de cette période, j’ai réalisé un stage d’un an auprès du siège d’une grande institution financière à Bruxelles. Là, j’ai pu apprendre et comprendre le fonctionnement d’un département  marketing au service d’une banque qui disposait d’un large réseau d’agences. Mon mémoire était d’ailleurs une étude d’acceptabilité du home banking en Belgique, réalisée au profit de cette banque. Aujourd’hui, chacun réalise ses opérations bancaires depuis son domicile à l’aide d’internet. Il y a 25 ans, ceci semblait simplement utopique.

Puisque j’étais préparé, par mes études, à la carrière commerciale, une offre d’emploi d’une grande marque informatique qui recherchait des commerciaux pour développer ses parts de marché a suscité mon intérêt. J’ai donc décidé d’y postuler. Un cabinet spécialisé en recrutement était chargé de la sélection des profils et cette procédure m’a conduit à rejoindre un distributeur de la région bruxelloise. A cette même époque, j’étais aussi en possession d’offres d’emploi fermes d’une compagnie d’assurances et d’un distributeur d’automobiles d’une grande marque bavaroise. Après avoir réfléchi à ces différentes opportunités, j’ai finalement opté pour l’informatique qui semblait correspondre davantage à mes aspirations professionnelles du moment.


Quand vous avez entamé votre parcours professionnel, l'idée de vous expatrier était-elle déjà présente? Et pourquoi?

J’ai toujours été fasciné par la France! Son Histoire, sa littérature et ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité forçaient mon admiration. Je me souviens avoir suivi avec intérêt l’élection présidentielle de 1974. J’avais 9 ans. Mon épouse est d’ailleurs Française.  Nous nous sommes rencontrés en 1983. D’emblée, elle a fortement apprécié Bruxelles et nous avons donc plutôt décidé de rester en Belgique. A ce moment, même si nous étions déjà attirés par le Grand-Duché, tellement proche de nous, que nous traversions régulièrement pour nous rendre en vacances, nous ne pensions pas pouvoir nous y établir. Effectivement, la barrière de la langue semblait difficile à surmonter. En vérité, s’installer au Grand-Duché de Luxembourg – nous pouvons le confirmer aujourd’hui – ne requiert pas la connaissance immédiate de la langue luxembourgeoise car l’Administration met un point d’honneur à fournir les documents officiels en plusieurs langues. De plus, un portail pratique pour le citoyen et l’entrepreneur offre maintenant des réponses à la plupart des questions que l’on pourrait se poser. Bien entendu, ce peuple accueillant est toujours heureux d’entendre la population étrangère s’exprimer dans sa langue. Ceci facilite forcément l’intégration et la participation à la vie locale. D’ailleurs, à mon avis, les forces de ce pays sont le bons sens, le pragmatisme et la volonté d’unir des personnes issues de cultures et de pays différents autour d’un même projet: aimer le pays pour le développer et favoriser son rayonnement international.


Quel est l'état de la communauté belge au Luxembourg ?

La communauté belge au Luxembourg est importante et appréciée des Luxembourgeois. Il faut probablement aussi rechercher les raisons de cette amitié dans l’Histoire.  Pays fondateurs de l’Union européenne, nos pays lui fournissent encore aujourd’hui des femmes et des hommes politiques dévoués et de haut niveau. Chaque matin, de nombreux frontaliers rejoignent le Grand-Duché pour y exercer leur activité professionnelle. D’autres, comme nous, ont préféré s’y installer. Bien intégrés, les Belges participent à la vie locale et se rencontrent souvent, notamment grâce à une offre culturelle variée et de grande qualité, aux activités professionnelles et associatives ou à d’autres occasions telles que les fêtes scolaires.


Quels sont les points forts des Belges de l'étranger ?

Notre forte capacité d’adaptation, ancrée dans notre culture, participe certainement à notre facilité d’intégration. La flexibilité, la souplesse et la curiosité nous mènent à rechercher systématiquement des solutions, à prendre des initiatives et à créer le dialogue.

Plus simplement, en ne cherchant pas à nous imposer, nous créons la confiance. Ceci nous permet d’entreprendre avec nos hôtes et de progresser ensemble!


Quels sont les points faibles de la Belgique à l'étranger?

Aujourd’hui, le climat politique qui règne en Belgique ne sert pas notre pays.
Ainsi, lorsque nous rencontrons des Luxembourgeois ou des personnes issues d’autres pays, nous parlons forcément de la période difficile que la Belgique traverse actuellement.

A seulement 200 kilomètres de Bruxelles, peu de gens comprennent les raisons qui poussent un peuple à ne pas s’entendre sur des sujets linguistiques tandis que les défis actuels sont d’abord économiques et sociaux.

Cette crise impacte fortement et malheureusement l’image de notre pays.


Au vu de votre expérience à l'étranger, quels sont à vos yeux les difficultés de l'expatriation pour un Belge?

Franchement, avec la renommée de nos universités et de nos grandes écoles, notre multilinguisme et notre culture, nous ne devrions pas rencontrer de difficultés majeures.

La décision de s’établir à l’étranger doit cependant être réfléchie.
Sur le plan professionnel, il importera de bien assimiler les forces du pays où l’on souhaite s’installer afin de comprendre le rôle qu’on y jouera et d’envisager l’évolution de sa carrière à moyen ou plus long terme. Sur le plan familial, si l’on a des enfants, il faudra étudier soigneusement l’offre scolaire, particulièrement si la scolarité est déjà engagée en Belgique. Aujourd’hui, la plupart des grandes capitales disposent heureusement d’écoles internationales où il est possible de suivre une scolarité qui ne «dépayse» pas les enfants. En revanche, ces enseignements ne sont  pas gratuits.


Quels sont les prochains défis que vous avez envie de réaliser? Souhaitez-vous rester à l'étranger ou envisagez-vous un retour en Belgique?

La passion pour mon entreprise de traductions financières et juridiques ainsi que son développement international constituent mes principaux défis. Je souhaite aussi stimuler la réflexion politique auprès de mes concitoyens expatriés au Luxembourg en favorisant les échanges, en informant les dirigeants du MR de nos préoccupations et de nos idées. Nous n’envisageons pas un retour en Belgique. En tout cas, pas maintenant. Mais, même si nous n’y vivons plus, nous revenons souvent à Bruxelles pour rendre visite à notre famille et profiter de l’ambiance typique de la Capitale de l’Europe.
Belgitude...?

Pourquoi rejoindre le MRI?

D’abord, parce que c’est ma famille politique, celle dont je partage les valeurs et le courage.

En effet, au début des années 80, lorsque je vivais à Bruxelles, j’étais déjà membre des Jeunes Réformateurs Libéraux (JRL). Alors, ces derniers mois, j’ai échangé de la correspondance avec M. le Ministre d’Etat Daniel Ducarme afin de me mettre à son service depuis le Grand-Duché.

J’ai aussi voulu rejoindre le MRI parce que les Belges de l’étranger doivent continuer à s’intéresser à la politique de leur pays et que leur avis importe, particulièrement maintenant. Eloignés de leur pays, les Belges de l’étranger regardent la Belgique autrement. Nous avons davantage de recul, nous lisons la presse étrangère et obtenons donc une image différente de notre pays. Alors, face aux errements actuels de ceux qui ont remporté les dernières élections, le MR doit opposer des idées d’avenir, pour encourager l’initiative et mobiliser les volontés de chacun pour que notre pays garde ou retrouve sa place. Nous devons offrir une vision cohérente de la politique, franche, réaliste, optimiste et conforme à l’idéal de nos concitoyens.
Réformons, assurons un futur aux générations qui nous suivent. Ecoutons-les. Modifions nos comportements pour changer ce que nous ne voulons plus et travaillons-y ensemble sans relâche, chaque jour. Changeons nos habitudes, soyons flexiblescar en regardant seulement le passé ou le présent, on est sûr de manquer le futur. Comme délégué du MRI à Luxembourg, je veux être un relai pour mes concitoyens afin de canaliser et faciliter la communication entre eux et le MR. Je suis à leur disposition.

Quelle est votre devise?

Elle s’exprime tellement mieux en anglais:


LET'S MAKE THINGS HAPPEN!


 
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