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Le point du jour

Un compte-rendu de la Conférence de Dominique Strauss Kahn, Directeur général du FMI
"la gouvernance économique mondiale et le rôle du FMI".
C’est un tableau en demi-teinte qu’a dressé le 17 mars Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) lors d’une conférence donnée à Bruxelles à l’occasion de la remise des insignes de docteur honoris causa par le recteur de l’université de Liège. Il avait choisi pour thème "la gouvernance économique mondiale et le rôle du FMI".
2 postulats de base :
- Economie de marché est ce qu'il existe de plus efficace mais elle doit être régulée
- la mondialisation est devenue concrète à la faveur de la crise économique de septembre 2009. Où on a vu l'»effet papillon» pays par pays.
Cette crise a permis au FMI d'assurer son rôle premier à savoir sortir les pays des déséquilibres et permettre une stabilisation économique mondiale et d'assurer une gouvernance mondiale alors que son rôle et l'intérêt de son existence était de plus en plus critiquée depuis la crise argentine.
Rôles du FMI
- Réaliser des prévisions économiques
- développer les capacités à prévoir les conséquences des crises. Le FMI est la seule institution à être entre «Wall Street et Main street» entre l'économie financière et l'économie réelle. Ainsi le FMI a la capacité de répondre et d'agir via les banques centrales. L'exemple du «stimulus national» en est le meilleur exemple. Tous les pays durant la crise, ont adopté ce stimulus sous forme de plan de relance. La crise n'a pas été évitée ni ses conséquences mais on a évité le pire.
- Donner des conseils de politique économique. DSK insiste sur la bonne résistance de l'Afrique face à la crise qui est due aux politiques menées par le FMI, la BAD et la Banque mondiale
- Financement des pays. Jamais le FMI n'a eu autant de programmes en cours. Des programmes à court terme (3 ans)

D’après Dominique Straus-Kahn, le retour à la croissance se fera à une "vitesse variable" mais cela restera encore dur pour les USA et l'UE en 2010. Aux Etats-Unis, cette croissance est "hésitante" alors qu’en Europe, elle traîne. Le taux de 1 % attendu dans les pays de l’Union sera "insuffisant" pour espérer que cela permette de faire baisser le chômage. Il est donc "trop tôt pour dire si la crise est terminée", a-t-il expliqué. "L’année 2010 va être difficile aux Etats-Unis et plus encore en Europe". Les gouvernements vont être pris en tenaille entre le besoin de soutenir la confiance de la population par des mesures de relance et les impératifs de rigueur budgétaire."Si on replonge - mais ce n’est pas notre prévision -, je ne sais pas comment on en ressortira", a estimé Dominique Straus-Kahn.
Quels seront les critères de stratégie de sortie de crise? Dominique Strauss-Kahn en voit deux:
- quand la demande privée n’aura plus besoin d’être soutenue par la demande publique. Il faut que le croissance soit principalement soutenue par le secteur privé.
- quand le chômage aura atteint son pic.
Dominique Straus-Kahn a aussi évoqué les grands déséquilibres actuels avec la Chine en surplus et les Etats-Unis en déficit. Toutefois, outre-Atlantique, "les ménages se sont mis à épargner. C’est une révolution absolue". Cela devrait permettre de réduire les déséquilibres. Or, si les Américains consomment moins, qui va les remplacer? D’où va venir la croissance mondiale? Sa réponse fut claire: il faudra du temps pour que les Chinois et de façon plus générale les pays émergents "arrivent à compenser la perte de consommation" et arrivent à développer leur propre marché intérieur de consommation. Et de relever quelques chiffres clés: la Chine représente 6 % du produit intérieur brut mondial (PIB), l’Inde 2 %, la Russie 2 %. En tout, les pays émergents représentent 12 % contre 30 % pour l’Union européenne. "Croire qu’on va rebalancer l’un par l’autre est une vaste illusion".
Cela l’a amené à une triple conclusion.
- il faut continuer et encourager la coordination entre pays. Mais cet effort de coordination a tendance à s’amenuiser depuis le G20 de Pittsburg. Il faut redessiner la gouvernance mondiale et maintenir cette coordination. Le G20 doit également prendre en charge la cohérence des prévisions des pays qui en sont membres.
- Deux, il faut mettre en place une régulation ou plus encore la supervision du secteur financier (qui a surtout failli aux Etats-Unis). Mais, cela s’annonce "compliqué" et cela pourrait prendre des années. "Il existe une idée un peu rêveuse selon laquelle on peut mettre rapidement en place de nouvelles règles", prévient-il. Tout en condamnant au passage ces banquiers qui ont la "facétie" de se distribuer de plantureux bonus. "Pour avancer, il faut un consensus plus fort. Or, il l’est déjà moins", a constaté Dominique Strauss-Kahn. Il estime également qu'il existe un fort décalage entre le temps politique et le temps technique. Ainsi les politiques peinent à se mettre d'accord sur les règles de supervision et depuis les banques ont repris leurs habitudes de bonus et de spéculation forte.
- Il faut repenser la macroéconomie. Notamment par exemple, le niveau optimal d’inflation?
La conclusion finale de Dominique Straus-Kahn: le FMI continuera à jouer son rôle. Un rôle qu’il a rempli, selon lui, convenablement pendant la crise en aidant notamment à ce que la coordination entre les différents pays prenne forme.
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