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Le point du jour

Daniel DUCARME Au Conseil de l’Europe pour l’examen du Rapport «Les émeutes dans les villes européennes»
Lors de la session plénière du Conseil de l’Europe qui siègeait la semaine dernière à Strasbourg, le Député de Bruxelles Daniel DUCARME est intervenu en tant que rapporteur d’avis pour la Commission de l’environnement, de l’agriculture et des questions territoriales concernant le rapport «Les émeutes dans les villes européennes: leçons et réaction du Conseil du l’Europe» remis par le député français (UMP) Roland BLUM. Depuis de nombreuses années, de nombreux pays européens, en premier lieu desquels la France et le Royaume-Uni, sont victimes d’émeutes et de soulèvements populaires dans leurs banlieues. Phénomènes passagers ou manifestations d’un malaise plus profond? La pauvreté et le chômage sont souvent représentés comme les responsables tout désignés? Mais la réalité est-elle si simple? Pour en savoir plus, le Conseil de l’Europe s’est penché sur la question lors de la présentation ce jeudi.
Les enseignements à tirer du rapport sont sans appel. Premièrement, les émeutes urbaines sont un phénomène européen puisque la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique ou la Fédération de Russie ont été touchés par des émeutes durant ces trois dernières années. La France a été le pays le plus touché par ces émeutes sociales. Cet aboutissement de plusieurs décennies de politique de la ville sans résultats a conduit à l’établissement de banlieues, de «ghettos» suburbains où se sont progressivement installés les classes populaires, les travailleurs pauvres et parmi ces classes populaires, les différentes générations de travailleurs immigrés, notamment maghrébines. L’absence de mixité sociale conduit à augmenter la pauvreté et l’insécurité et surtout, a fait de ces banlieues, des zones géographiques discriminées. Par association, de nouvelles discriminations et une forme de racisme à l’égard des enfants d’immigrés se perpétuent sur les questions de logement ou de travail par exemple.

Selon Daniel DUCARME: «Dans les banlieues françaises par exemple, le taux de chômage est deux fois supérieur à la moyenne nationale, tout comme le taux d’abandon scolaire, tandis que les revenus des ménages y sont en général inférieurs de 40%, les centres médicaux moitié moins nombreux et la délinquance 50% plus importante. Les emplois non qualifiés et faiblement rémunérés et les contrats temporaires qui sont le lot d’une bonne part de la population active des banlieues sont extrêmement vulnérables aux fluctuations de l’économie nationale. Cette précarité et cette pauvreté alimentent les frustrations et le ressentiment, ainsi que la conviction de n’avoir «rien à perdre», qui pousse plus facilement au passage à l’acte.»
De fait, les embrassements de certains quartiers trouveraient leurs sources dans divers phénomènes combinés à l’instar de la pauvreté, le chômage, un urbanisme inadapté et insalubre, une discrimination en augmentation et la détérioration des relations entre les forces de police et les habitants. Interconnectés, ces conséquences sociales conduit à des phénomènes d’injustice et de repli sur soi dont l’émeute contre les représentants de l’ordre public ou contre d’autres quartiers voisins devient la manifestation la plus visible et la plus violente.
Pour y remédier, le Conseil de l’Europe a préconisé un certain nombre de piste de réflexion dont la plus importante est la création d’un centre européen de ressources pour la sécurité urbaine. Pour Daniel DUCARME, député de Bruxelles et Ministre d’Etat, «le renforcement des collectivités locales dans le domaine de l’urbanisme, la création de logements sociaux de dimension humaine et de l’amélioration des services publics et le développement d’équipement, la mixité sociale et la mise en place de stratégies de lutte contre toutes les formes de discrimination et la revalorisation des rapports entre l’Etat et ses citoyens via la police notamment apparaissent comme autant de mesures nécessaires et efficaces dans la prévention des émeutes.Ce n’en qu’en agissant de concert et concrètement qu’on arrivera à offrir la sécurité et la liberté qui sont des droits inaltérables pour les habitants de ces quartiers.»
Le Député a également fait le constat que ces problèmes ne sont pas suffisamment tenus en compte par les gouvernements et qu’il n’existe toujours pas de synergie entre les autorités, qu’elles soient nationales ou locales, et les citoyens. Ainsi, Daniel DUCARME a également insisté pour que l’ensemble des pays européens siégeant au Conseil de l’Europe, soit 47 pays prennent réellement conscience de ce phénomène de violence urbaine et a exhorté les Etats membres «à mettre en place des stratégies de lutte pour prévenir ces manifestations.»

Le rapporteur, le député Roland BLUM, a rappelé que l’égalité des chances et de la lutte contre toutes les formes de discrimination était une des priorités absolues du Conseil de l’Europe et que des efforts équitables doivent être prodigués en faveur de tous les citoyens des villes européennes et que des solutions globales et concertées doivent être trouvées dans le cadre d’une approche transversale comprenant les divers acteurs (habitants, services sociaux, police, milieu éducatif).
Daniel DUCARME a précisé que la lutte contre la précarité «passait avant tout par une politique volontariste et clairement affichée de création d’emploi notamment en incitant les entreprises à s’installer dans certains quartiers ou à favoriser, par le biais de diverses mesures, l’emploi des habitants vivant dans ces quartiers difficiles. A côté de cela, le politique doit soutenir et favoriser une politique éducative forte essentielle pour le devenir professionnel des populations les plus jeunes. Le député a aussi rappelé que la Commission européenne a, dans le cadre d’une stratégie pour l’emploi destinée à créer un marché du travail européen plus diversifié, mis sur pied l’initiative EQUAL destinée à expérimenter différents moyens de remédier à la discrimination et de surmonter les obstacles à l’emploi; des techniques innovantes, telles que le financement de micro-prêts communautaires pour l’exercice d’une activité au sein de l’économie informelle, ont obtenu des taux de viabilité élevés et sont effectivement parvenues à toucher des populations traditionnellement marginalisées.»
A côté de ces mesures, le rapport préconise également de multiplier les programmes d’intégration des immigrés, d’améliorer la formation des forces de l’ordre, et encourage les médias à éviter toute caricature et à ne pas diffuser les traditionnels stéréotypes dans la médiatisation des émeutes. Le Rapport propose aussi d’encourager la présence des minorités visibles issues de la diversité culturelle dans les médias, principalement télévisés que ce soit dans des émissions journalistiques ou des fictions.

Pour conclure son rapport d’avis, Daniel DUCARME a également précisé qu’il était «nécessaire d’encourager le dialogue interculturel et interreligieux dans une époque tendue et où le choc des civilisations de Samuel Huntington est souvent évoqué. Ce dialogue passera par le respect de l’autre, notamment la personne immigrée et par des politiques d’intégration des immigrés cohérente.» L’EMCEMO (Centre Euro-Méditerranéen Migration et Développement) basé à Amsterdam mène ainsi plusieurs programmes visant à une meilleure intégration des migrants dans les sociétés occidentales. L’un d’eux, baptisé «Migration, Développement et Intégration pluriculturels» souhaite entre autres insister sur les valeurs ajoutées des personnes issues de l’immigration dans le développement de toute société et tente de promouvoir un changement de l’état et de la perception des opinions publiques sur les personnes issues de l’immigration, dans le sens d’une plus grande ouverture à l’autre et aux richesses dont il est porteur.
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