l
Le point du jour

La lutte en faveur du statut de la femme est un devoir universel : un enjeu essentiel est celui de l'Afrique
La mobilisation engagée par le MRI pour l'égalité Hommes-Femmes reste permanente. La situation des femmes africaines est particulièrement préoccupante et il convient de ne pas relacher l'effort entrepris.
Dans le cas des femmes congolaises, et notamment pour le suivi juridique relatif aux femmes violées, suite aux votes obtenus à la Chambre des Représentants en Belgique (cliquer ici), l'appui donné au travail d'Avocat Sans Frontières par le ministre des Affaires étrangères Karel DE GUCHT est aussi une pierre indispensable pour la restauration de l'état de droit et à la sécurité des personnes au Congo.
Karel DE GUCHT, pour la Belgique, a d'ailleurs signé une importante convention financière avec Avocats Sans Frontières permettant de dégager plus de moyens financiers de la Belgique pour lutter contre l'impunité des violences sexuelles dans l'Est du Congo (cliquer ici pour lire la convention).
Dans le même état d'esprit, les actions engagées par le ministre de la Coopération Charles MICHEL contribuent largement à cet objectif. Nous l'avons constaté lors de la mission de Daniel DUCARME au Burundi en décembre dernier (cliquer ici)

Toute l'Afrique est concernée. La Chambre des Représentants a voté ce jeudi 5 février à l’unanimité une proposition de résolution à l’initiative d’Hilde VAUTMANS, députée Open VLD, concernant le repassage des seins en Afrique. Cette proposition a été soutenue par les députés MR François-Xavier DE DONNEA, Xavier BEASELEN et Daniel DUCARME, est une pratique traditionnelle répandue notamment au Cameroun (où près d'un quart des femmes l'auraient subi) visant à freiner le développement de la poitrine des jeunes filles par un «massage» réalisé avec des objets chauffés par exemple des pierres à écraser, pilon, spatule ou autre. Pour Daniel DUCARME, la proposition de résolution prend tout son sens et est d’autant plus utile car «cette pratique est largement moins médiatisée que l'excision mais elle constitue un traumatisme psychologique et physique pour les victimes. Notre devoir est de porter cette situation a la connaissance du gouvernement et de la population pour qu’elle cesse. En outre, le but du repassage des seins n'a aucun fondement religieux, il est de retarder le passage à l'adolescence - et donc à la sexualité- des jeunes filles afin que les garçons ne soient pas attirés par elles.»
Cette coutume est nettement moins répandue que l’excision et principalement pratiquée en Guinée, au Togo mais surtout au Cameroun. Certains pays africains comme le Cameroun ont décidé de combattre ces techniques moyenâgeuses par le lancement de campagne de prévention et de sensibilisation et ce depuis quelques années. Le Cameroun est l’un des pays africains le plus touché par cette pratique, près de 24% des adolescentes ont eu leurs seins écrasés. Si c’est une tâche surtout pratiquée par les femmes, avec en tête les mères, 7% des filles le font elles-mêmes, en cachette! Dans de rares régions, on fait appel au père ou au frère pour que la méthode soit plus efficace. Mais la plupart du temps, les hommes ne connaissent pas cette coutume, qu’ils ont pour beaucoup découvert lors des campagnes de prévention.
La pratique existe dans tout le Cameroun, mais à des degrés divers. Dans les zones méridionales, le "repassage" se fait à hauteur de 30% à 50%. Dans les parties septentrionales, le "repassage" se fait entre 7% et 9% car on encourage le mariage précoce des adolescents et pour cela il faut que le développement physique soit visible. Alors on favorise le développement des seins. Pour cela, on utilise notamment la scarification. 6% des filles ou femmes ont subi une scarification pour faire partir ou grossir la poitrine. Pour la faire grossir, on coupe la peau avec une lame et on y met un produit spécial ou alors on met sur les seins des fourmis qui vont les piquer et dont le venin doit les faire grossir. Mais certaines femmes repassent les seins de leur fille pour que leur père ne voient pas qu’elles grandissent et les marient.

Le "repassage des seins" se pratique dans toutes les couches sociales et, à sa surprise, l’incidence est plus importante en zone urbaine que rurale Les conséquences de cette mutilation sont multiples : Les victimes subissent de nombreuses douleurs pendant l’acte et tout au long de leur vie. Il y a aussi, selon les méthodes et objets utilisés, des risques de brûlures et d’infections. On constate également un dérèglement des glandes mammaires notamment des coulées de lait même chez les femmes non enceintes car les glandes ont été écrasées. Il y aussi des cas de cancer, bien que le lien entre le "repassage" et la maladie ne soit pas avéré. Les massages violents des seins créent un véritable traumatisme qui affaisse les muscles. Du coup, des fillettes de dix ans se plaignent d’avoir des seins de femmes de 70 ans. Outre la douleur physique, il y a la douleur psychologique du à l’esthétique.

«Au-delà de la situation au Cameroun, nous devons continuer à lutter en faveur du statut de la femme et dans le cas qui nous préoccupe de la femme africaine. C’est le sens de mon action que ce soit au parlement fédéral belge ou dans les instances du Conseil de l’Europe. Le repassage des seins, le drame de l’excision ou encore la situation dramatique des femmes violées au Congo et surtout dans les provinces du Kivu doivent mobiliser l’ensemble de la communauté internationale. L’Afrique ne pourra pas accéder à la démocratie libérale, au développement et à l’essor économique si on laisse de côté le statut de la femme. C’est un combat qui sera long mais qui est essentiel. D'aurtes dossiers s'ouvrent et sont traités. ils concernent toute la région des Grands Lacs. Les moyens mis en place doivent etre renforcés, c'est le cas à Bujumbura avec la Maison des Femmes. mais des dossiers de suivi doivent encore être valorisés comme la lutte contre le sida et les soins à apporter aux malades atteints, comme le suivi des populations regagnant encore la région des Grands Lacs après avoir fui les combats. C'est notamment le cas pour de nombreux Burundais rentrant de Tanzanie » a conclu le Ministre Daniel Ducarme.
En savoir plus:
Consulter la proposition de résolution votée sur le repassage des seins (cliquer ici)
Consulter le rapport d'Avocats Sans Frontières sur les violences sexuelles au Congo (cliquer ici)
Voir tous les articles