Info flash du MRI Le MRI fait le point du jour Le MRI propose sont projet et écoute votre avis Les délégués du MRI Contactez le MRI
Le MRI : Le monde est un village...belge !
 
l

Le point du jour

Rencontre avec un Belge de Mongolie

 

 

 

Gaelle Smet: Vous êtes actuellement expatrié en Mongolie, pouvez-nous expliquer les raisons professionnelles qui vous ont amené dans ce pays peu connu?

Guy Valschaerts:   Ce fut totalement un hasard. Depuis des années, je suis dans la base de données de la BERD (Banque Européenne de Reconstruction et de Développement) en son entité TAM (Turn Around Management). J'avais accepté, en 2003, d'être Senior Industrial Advisor(SIA) pour une mission à Ulaanbaatar au profit d'une brasserie locale. Cette mission a duré jusqu'en 2009. J'ai appris à aimer ce pays, ses habitants, ses coutumes, son climat. Il y a an, j'ai fait le choix d'y "faire quelque chose".

GS: Avant de vous installer en Mongolie, quel a été votre parcours professionnel et les pays dans lesquels vous avez résidé?

   GV: Je suis ingénieur-brasseur (1972-IIF-CERIA, Bruxelles). Après un court stage chez Lamot à Malines, je devais effectuer mon terme militaire comme COR. Le hasard de mes  demandes d'emploi ont fait que j'aie accepté une place au Congo-Kinshasa , Zaïre à l'époque, pour un terme de trois ans en remplacement de mon service militaire en la Société de Brasseries "UNIBRA".Mon épouse, ingénieur-brasseur également, fût engagée dans la même Société. Nous y sommes  restés 15 ans...Mes fonctions allèrent  de chef du  laboratoire central à Kinshasa à la direction générale du Siège d'Isiro, en passant par les autres Sièges de Kisangani et Kananga. Nous avions prévenu UNIBRA en 1984 de notre "démission"  dès que notre premier enfant aurait 5 ans, pour une scolarité normale en Belgique. Donc en 1989, nous voilà en Belgique. De là, j'accepte une mission de 2 mois en Guinée-Conakry pour la même UNIBRA.  Ensuite, je suis parti pendant un an et demi en Haïti, toujours pour une Brasserie, la Brasserie Nationale d'Haïti, comme conseiller technique.  Au retour, nous prenions la décision de reprendre la Brasserie Allard située à Guignies, une des agglomérations de la Commune de Brunehaut, au sud de Tournai. Et, nous la "délocalisons" à Rongy, dans la même commune de Brunehaut et changeons son nom par la même occasion. Je la dirigerai durant 15 ans. 
   Durant cette période, je fûs contacté pour des missions pour la Commission Européenne, pour Interbrew et pour la BERD-TAM Programme. S'en   suivirent des missions en Algérie, Kazakhstan, Mongolie, Tadjikistan, Kyrgystan, Albanie et Ossétie du Nord. Le vrai départ en 1998 de ces missions, toujours de très courtes durées, reste une anecdote.
  
GS: Quand vous avez entamé votre parcours professionnel, l'idée de vous expatrier était-elle déjà présente? Et pourquoi?
  
    Mon père, ingénieur des Mines (AIBr) était parti au Congo en 1928, pour y rester jusqu'en 1979. Mon grand-père maternel, citoyen suisse l'avait précédé. Mes soeur, frère et moi-même sommes nés au Congo, dans la concession des Mines d'Or de Kilo-Moto.  L'expatriation doit être un gène spécial. Mais, de fait, j'aime les voyages, me délocaliser. On se remet chaque fois en question au contact des autres civilisations. On s'enrichit.
 

GS: Quel est l'état de la communauté belge en Mongolie et en Asie centrale? la région a-t-elle un potentiel économique fort pour la Beglique et pour l'Europe?

   En ce qui concerne la présence belge en Mongolie ou en Asie Centrale d'ailleurs,elle n'est pas énorme. Et cela est bien dommage.Tous les pays d' Asie Centrale (Tadjikistan, Kyrgyzstan, Kazakhstan, Ouzbékistan), ainsi que la Mongolie possèdent une Ambassade à Bruxelles. Peu de citoyens de ces pays connaissent où se trouve la Belgique.La Mongolie est un immense pays avec peu d'habitants (2,7 mlns), beaucoup de ressources minières, des espaces infinis et a besoin de pas mal d'aide pour sortir de son carcan historique ( Russie, Chine). Les visites gouvernementales en Europe se multiplient. Nous n'y sommes pas plus de dix résidents,
   toutes Communautés confondues, avec des activités dans les secteurs bancaire, sécurité, minier, tourisme et ONG.Les Congrégations religieuses n'occupent plus de belge, les Rev. Soeurs Missionnaires de Jacht - ICM (Heverlee) ayant été appelées à  d'autres missions. En ce qui concerne notre Coopération, je sais qu'elle est médicale. Autre part en Asie Centrale, je n'ai rencontré de belges résidents qu'au Kazakhstan, grand pays et riche en ressources naturelles. Le Tadjikistan et le Kyrgyzstan sont de beaux "petits" pays peuplés  de +/- 6 millions d'habitants et n'ayant que peu de ressources. Je n'y ai pas rencontré de Belges. Peut-être y
   en a-t-il, mais, mes missions ne sont pas du tourisme...En Ouzbékistan, pays riche, j'ai fait partie d'une mission économique organisée par l'AWEX, certain belges y résident. Tous ceux que j'ai pu rencontrer se portaient bien et leur job également.

   Personnellement, la Belgique, l'Europe, ont, dans ces pays, des potentiels. Forts, cela je ne pense pas en chiffre absolu, excepté, peut-être pour  l'Allemagne. Historiquement, nous avons été totalement absents de ces pays. Et comment y pénétrer ? Nous devons bien constater que dans les prés sacrés de l'Europe ( Afrique, Amérique du Sud, Extrème Orient), l'Europe se défend... en perdant de son attrait. Nous ne vivons pas bien avec nos anciens  liens. Nous devenons de plus en plus riches, avons des sécurités sociales importantes, des salaires élevés, même si une impression de misère, d'exclus devient présente parfois. Je pense que nous n'avons pas bien "intégré" la notion des marchés émergeants. De leur côté, les marchés émergeants intègrent très bien les pays où nos liens étaient forts. Mais, cela s'écarte du sujet de votre interview. Donc, des potentiels, oui. Pour ne parler que de la Belgique, notre place se situe, sans doute, dans l'aide aux petites et moyennes entreprises ou dans
   l'établissement de joint ventures dans ces mêmes secteurs. Je suis également certain que notre Coopération pourrait jouer un rôle dans ces pays dans les  domaines médical et l'agro-alimentaire.

- Quels sont les points forts des Belges de l'étranger ?

  Je n'en citerais que trois. En  premier lieu, son professionnalisme. On voit très peu "d'aventuriers" belges. En deuxième lieu, son esprit d'ouverture.  L'expatrié belge exprime, très largement, que cet esprit, nous le perdons, ou nous nous en fichons, en métropole.  Notre trilinguisme est un plus. Je pourrais ajouter que nous n'aimons pas non plus nous "gonfler", ce qui est un plus aussi.

- Quels sont les points faibles de la Belgique à l'étranger?

  On doit diviser ce problème. Dans nos relations Nord-Sud et Ouest, nous sommes présents économiquement et, diplomatiquement bien représentés. En Asie Centrale, la Belgique n'a qu'une ambassade à Astana ( Kazahstan), avec réprésentation consulaire et économique (régionalisée) à  Almati, centre des affaires de ce pays. En Tadjikistan, Kyrgyzstan et en Ouzbékistan, pas d'ambassade. Représentation (régionalisée) économique en  
  Ouzbékistan et représentation consulaire au Kyrgyzstan. L'Ouzbékistan dépend de notre représentation à Moscou, le Kyrgyzstan et le Tadjikistan de celle d'Astana. En Mongolie, nous dépendons de notre représentation, tout-à-fait complète, à Pékin.Tout cela fait que c'est bien compliqué, et est un de nos points  faibles.

  Nos problèmes communautaires, le nombre possible d'intervenants donnent souvent le tournis à nos interlocuteurs, autre point faible.Le fait que nous n'ayions plus de grosses sociètès bien belges, excepté , un brasseur, nous met aussi un peu sur le côté. On ne parle pas assez
  de nos pharmaciens, d'une banque et de notre chimiste. Pardon, si je devais en oublier.
Je pense également que le belge devient un peu "pantouflard". Pourquoi sortir de Belgique-et de l'UE-quand on a tout chez soi, avec moins de danger visible. C'est un grand tort.
   
- Quels sont les prochains défis que vous avez envie de réaliser? souhaitez-vous rester à l'étranger ou envisagez-vous un retour en Belgique?


  Localement, je suis co-fondateur de l'ONG " L'art des fleurs", de droit mongol, s'occupant de redonner le goût d'entretenir les jardins publics et communautaires au citadins et, ainsi, améliorer leur cadre de vie. Son but est aussi d'employer des plus démunis. L'agronomie étant ma deuxième passion, je trouve en Mongolie des tas de choses à faire. C'est ma coopération personnelle.  Et tant que le TAM Programme sera intéressé par mon expérience professionnelle , je répondrai présent et continuerai à transmettre. Ces missions  rencontrent, à mes yeux, les desiderata des pays ayant signé les accords avec la BERD. Retour définitif en Belgique ou en France? Oui, sans doute...Quand? 

- Pourquoi avoir rejoint le MRI ?

  Je divise cet engagement en deux . D'abord, en tant que citoyen, j'estime qu'il est de notre devoir d'afficher son intérêt pour la "res publica", et donc d'avoir une opinion politique et d'y adhérer; trop simples, les discussions de comptoir! Ensuite, c'est plus compliqué. Déjà membre du PRL depuis 1992 à mon retour en Belgique, il était normal, en résidant à l'étranger, de demander mon transfert au MRI. Maintenant pourquoi les Réformateurs?  Question de sensilité, bien sûr! Alors que je reconnais que, dans les partis démocratiques, le choix est 
  parfois difficile. 

- Quelle est votre devise?

  Essayer de comprendre et essayer d'agir.

Voir tous les articles




 
Le MRI à Paris
Le Projet du MRI
Qui contacter au MRI?
Le comité du MRI
Les liens proposés par le MRI
MRI © 2007. Tous droits réservés