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Le point du jour

Daniel DUCARME a conclu ce mercredi 28 janvier le débat européen en plaidant pour le retour d'une Europe plus politique.
L'association PanEurope organisait ce mercredi 28 janvier au Parlement Européen à Bruxelles un dîner débat sur le thème : "De la Présidence Française de l'Union Européenne aux élections européennes de 2009".
De nombreux députés, tant européens que nationaux avaient répondu présent à l'invitation de Gérard BOKANOWSKI, Secrétaire général de PanEurope et d'Alain TERRENOIRE, Président de PanEurope. Tous à l'instar de Jan FIGEL, Commissaire européen Education, Formation Culture, Joseph DAUL, Député européen et Président en fonction du groupe du PPE au Parlement européen, Hans-Gert POTTERING, Président du Parlement Européen, Rodi KRATSA, Députée européenne pour la Grèce et Première vice-Présidente du Parlement Européen, Zbigniew ZALESKI, Député européen pour la Pologne, Elisabeth MORIN et Jacques TOUBON, tous deux, Députés européens de France ont rappelé le bilan positif de la Présidence Française dont l'exercice a été unanimement salué tant par la presse internationale que par les autorités nationales et européennes.

La dizaine d'intervenants a mis en exergue les succès obtenus par la diplomatie française pendant ces six derniers mois et ce, au nom de l'Europe, comme la résolution de la crise russo-géorgienne et la mise en place de l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet dernier et surtout comme l'a rappelé Joseph DAUL, l'organisation du sommet du G20 pour tenter de résoudre la crise financière internationale. La France a incontestablement marqué un renouveau de l’action européenne au plan international par un certain nombre de politiques qui situent l’Europe mieux que par le passé.

En cette année électorale qui verra la constitution d'un nouveau parlement et d'une nouvelle commission, le président en exercice du Parlement européen Hans-Gert POTTERING est revenu sur le pouvoir croissant octroyé au Parlement européen depuis la première élection directe en 1979. Si le Parlement européen a souvent été considéré comme l'organe institutionnel avec le moins de pouvoir, les choses ont évolué de manière positive. A ce titre, le président du parlement a rappelé l'importance de la ratification du Traité de Lisbonne dont les dispositions octroyent un pouvoir plus fort aux députés européens notamment en matière de codécision à égalité avec le Conseil et qui donnera une impulsion majeure à cette instance. Le Président POTTERING a également exhorté tous les députés présents à faire preuve de pédagogie voire de prosélytisme envers leurs concitoyens respectifs afin que chacun d'entre eux comprenne le rôle clé joué par le parlement et se rende massivement aux urnes le 7 juin prochain. "Les élections européennes sont un moment clé de la vie démocratique dans les 27 pays de l'Union. Ce sont des élections particulières qui ne dovient pas se regarder à travers le prisme de la politique interne à chaque nation. Il ne faut dès lors pas y aller en voulant imposer à ses dirigeants politiques nationaux un vote sanction ou un vote de rejet. Tout simplement car ce sont deux dimensions politiques différentes et que les décisions qui y sont prises et votées sont non seulement capitales mais aussi parce que ces mêmes lois s'appliqueront de manière communautaires et transcrites dans le droit national de chaque Etat-membre." a conclu Hans-Gert POTTERING.

Le Député européen Jacques TOUBON a rappelé les avancées réalisées d'un point de vue interne comme l'adoption du pacte européen pour l’immigration et l’asile et la mise en place d’une procédure d’asile unique avant 2012 et l'adoption du paquet Energie/climat. Mais il a également insisté certains domaines où des progrès urgents devaient être faits en terme d'harmonisation notamment en matière de droit social. Il a aussi plaidé pour une meilleure harmonisation du droit familial notamment pour les litiges en matière de divorces, de pensions alimentaires ou encore de garde d'enfants.
Les députées européennes Rodi KRATSA et Elizabeth MORIN ont, pour leur part, rappelé l'importance de la construction européenne tant d'un point de vue historique pour amener la paix sur un continent qui a connu pendant des millénaires les affres de la guerre mais aussi d'autre part, pour construire un avenir plus solide et pour peser d'un point de vue mondial. A ce titre, elles ont rappelé le rôle moteur de l'Union et de l'Euro pour protéger les banques européennes et les citoyens face à la crise économique qui déferle depuis le mois de septembre dernier.

Invité à conclure les débats, Daniel DUCARME a insisté sur le fait que la Présidence française, notamment par sa volonté politique avait mis en avant les faiblesses de l'Europe. "Dès l’origine de la construction européenne, le rôle de Commission a été d’être le moteur, l’inspirateur, la boîte à idées et la machine de mise en œuvre de plus d’Europe. Les temps ont changé, le «brain trust» européen qu’était la Commission semble bien être atteinte plus que jamais quand il s'agit de résoudre des situations difficiles." Pour le Député fédéral, la Présidence française a fait la démonstration qu’un exercice très politique de la présidence de l’Union permettait à l’Europe de peser avec efficacité sur le cours des événements mondiaux mais on ne peut pas "rester dans l'expectative de voir, tous les six mois, ce que chaque présidence tournante va donner et engranger comme résultats."
La démonstration est faite que seul un retour permanent à une implication strictement politique est une garantie d’existence de l’Union européenne pour la sécurité économique, industrielle, sociale, énergétique et de défense de ses citoyens. A ce titre, les élections de juin 2009 seront capitales. Dans l’hypothèse d’une ratification du Traité de Lisbonne, l'Europe aura sa réforme des institutions et un président élu pour deux ans et demi mais il sera essentiel sera de veiller à l’envergure politique de ce Président qui représentera l'Union qui, comme le prévoit le Traité, ne peut pas exercer de mandat national. Si Henri IV estima que Paris valait bien une messe, quel responsable politique national de haut niveau et politiquement fort estimera que l’Europe vaut bien un renoncement national?
Daniel DUCARME a également rappelé que la politique étrangère, de défense et de sécurité commune devait être mise sur pied au plus vite. En matière de politique étrangère, il faut poursuivre le développement de l'Union pour la Méditerranée, lancer en mai prochain sous présidence tchèque le Partenariat oriental avec les 6 anciennes républiques soviétiques et continuer à approfondir le partenariat avec la Russie et avec le continent africain. Cela pourra se faire aumieux lors de la mise en place d’un Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité qui sera également Vice-président de la Commission. "Le choix de ce Haut Représentant sera également crucial, car l’ampleur de la mission exige certainement au moins autant de dimension politique que de pratique diplomatique car, comme le démontre l’actualité récente, il s’impose d’intégrer la politique européenne extérieure de sécurité et de défense avec l’ensemble des secteurs concernés comme le commerce international, l’industrie, l’énergie, l’aide au développement, et même l’agriculture." a rappelé Daniel DUCARME.
La Présidence française a démontré que la volonté politique d’un grand pays de l’Union peut transcender la lourdeur du processus d’intégration institutionnelle européenne, et ce, même en une période d’instabilité internationale majeure. Il faut souhaiter pour l'Europe et le devenir des citoyens que cet exemple perdurera lors de la prochaine législature a-t-il précisé en guise de conclusions.
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