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Le point du jour

LA 6e UNIVERSITE D'ETE DE LA DEFENSE A SAINT-MALO:
Quel avenir pour la Défense européenne?
C’est à l’invitation de Guy TESSIER, Président de la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale et de Josselin DE ROHAN, Président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, que Daniel DUCARME a participé comme orateur ces 8 et 9 septembre à la 6e Université d’été de la défense européenne à Saint-Malo. Le choix de la ville de Saint-Malo n’est pas anodin puisqu’il y a exactement 10 ans, la signature de la Déclaration de Saint-Malo a été considérée comme un véritable acte de naissance pour l’Europe de la Défense. Dix ans plus tard, de nouvelles réflexions se font jour, de nouveaux enjeux se sont imposés, de nouveaux acteurs ont pris place sur la scène internationale.
Pour Daniel DUCARME, «La fin de la Seconde Guerre mondiale a marqué l’avènement d’une nouvelle ère pour le continent européen. Une ère marquée par la volonté de vivre en paix et en harmonie entre les pays dont l’histoire regorge de multiples conflits à travers les siècles. Si la volonté de vivre ensemble est présente et que l’Europe connaît la paix et la sécurité depuis 1945, il ne faut néanmoins pas négliger la défense du continent et son avenir. La fin de la guerre froide a fait place à un monde multipolaire où un de nombreux acteurs veulent jouer un rôle de premier plan. Je prends comme exemple la Russie qui s’oppose plus en plus à la vision d’une Europe euro-atlantique s’installant autour de ses frontières, la Chine qui est une puissance nucléaire et en pleine croissance économique et qui n’a de cesse de vouloir développer sa politique étrangère modifiant ainsi les équilibres internationaux ou encore l’Inde, également une puissance nucléaire et qui devient un acteur incontournable de la région. L’Europe est confrontée à ces pays dans une relation où se mêlent volonté de dialogue, échanges économiques mais également, dans certains cas, concurrence et opposition. En matière de défense et de sécurité internationale, la position de l’Europe tend donc à devenir plus complexe.»

Lors de ces journées où était présent le Ministre français de la Défense nationale Hervé MORIN, Daniel DUCARME a eu l’occasion de présenter le rapport qu’il a réalisé pour l’Union de l’Europe Occidentale sur la Stratégie européenne de Sécurité en 2008. Pour le Député de Bruxelles, le principal danger qui a modifié toute la donne est le terrorisme. « L’Europe a toujours évolué en correspondant aux besoins des Européens. Ainsi face au terrorisme, à la cybercriminalité, la défense et la sécurité des Européens sont des enjeux majeurs. Le monde est devenu un village et chaque pays représente un quartier où l’insécurité peut très vite se propager.»
Pour Daniel DUCARME, la défense européenne doit reposer sur 5 piliers forts. Premièrement, la mise en place d’un fondement doctrinal fort pour mener une politique européenne de défense grâce au Traité de Lisbonne. L’identification d’une personne qui sera à la fois Vice-président de la Commission et Haut-Représentant pour la politique étrangère, de défense et de sécurité va modifier de manière radicale la manière dont l’Union va gérer sa politique étrangère et sera perçue de par le monde. L’Union doit être clair sur le type de missions qu’elle veut développer avec en corollaire les moyens capacitaires et militaires adéquats pour les réaliser.
Deuxièmement, le Traité de Lisbonne évoque une assistance mutuelle entre Etats membre alors que le Traité de Bruxelles qui fonde l’OTAN parle de défense mutuelle. Daniel DUCARME regrette que« le Traité de Lisbonne n’évoque que l’assistance sachant que lorsqu’on parle de défense mutuelle, cela induit l’automaticité de l’intervention en cas d’agression ou d’actes terroristes ce qui n’est pas le cas avec le terme d’assistance.»
Troisièmement, le Député soutient l’idée qu’il faut d’avantage développer des coopérations structurées permanentes. Ces dispositions permettront aux membres de l’Union les plus déterminés d’aller de l’avant et d’établir une coopération approfondie. Cette nouvelle coopération est destinée à faciliter le processus de constitution de capacités entre les Etats membres qui veulent engager davantage de ressources. Ce système permettra aussi une plus grande mise en commun des différents moyens militaires des pays partenaires en mettant à la disposition des pays partenaires leurs meilleurs atouts en matière militaire. Cette politique de mise en commun aura aussi une influence non négligeable à terme sur le budget militaire de l’Union.
Quatrièmement, Daniel DUCARME a insisté sur l’importance de l’émergence d’un marché européen de l’armement. La capacité politique doit s’appuyer sur une capacité industrielle. «Sans cette dimension, l’Union européenne ne pourra jamais asseoir sa propre réalité de défense. Outre le fait que c’est fondamental pour développer la recherche et les investissements nécessaires à assurer notre propre capacité défensive, une stratégie industrielle commune permettrait de créer aussi d’avantage de compétitivité et le développement de standards en matière d’armement, voire des programmes-cadre pour l’industrie européenne comme elle l’a déjà fait pour d’autres industries.» souligne le Député.
Enfin, dernier point, la question essentielle du partenariat avec l’OTAN. Ce débat mérite d’être relancé car il est fondamental pour plusieurs raisons notamment au niveau de la sécurité intérieur, de la protection de la façade atlantique du continent en préservant l’équilibre de l’Alliance basé sur un partenariat entre l’Europe et les Etats-Unis, sans oublier la façade orientale avec la Russie qui est pleine évolution depuis quelques années. En outre, quand on considère l’évolution de l’Europe à moyen terme avec une baisse amorcée de sa démographie, la place de son économie ou son rayonnement, on ne peut que s’interroger sur la place qu’occupera le vieux continent dans une quinzaine d’années. Et il y a fort à parier que l’Europe ne sera plus en aussi bonne position de leader qu’actuellement.
A cette fin, l’OTAN et l’UE doivent d’avantage collaborer ensemble tout en préservant leur autonomie respective. «Au vu des périls qui nous entourent, l’Europe n’a d’autres choix que de s’en prémunir via des capacités opérationnelles européennes autonomes. En outre, il est parfois préférable de mener certaines bannières en-dehors du giron connoté de l’atlantisme. Au moment où l’OTAN célèbre ses 60 ans et qu’elle se prépare à revoir sa charte et à redéfinir ses objectifs, il revient à l’Europe d’ouvrir la voie au partenariat UE-OTAN en précisant la part d’autonomie de liberté et de charges qu’elle entend prendre. L’indépendance européenne et la préservation de nos intérêts communs sont à ce prix» a conclu le député Daniel DUCARME.
Consulter ici le Rapport de Daniel DUCARME réalisé pour l'Union de l'Europe Occidentale:
"La Stratégie Européenne de Sécurité 2008"
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