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Question de Daniel Ducarme sur les négociations entre l'UE et Singapour
Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, et le ministre du Commerce et de l'Industrie de Singapour, Lim Hng Kiang, se sont rencontrés le 3 mars 2010 pour lancer officiellement les négociations en vue de la conclusion d'un accord de libre-échange (ALE) entre l'Union européenne et Singapour. L'ALE UE-Singapour (ALEUES) marque une étape importante dans les relations que l'UE entretient de longue date avec Singapour. L'Union européenne est le premier partenaire commercial et le premier investisseur étranger de Singapour. Les échanges bilatéraux ont dépassé les 55 milliards d'euros en 2008. Inversement, Singapour est le quinzième partenaire commercial de l'Union européenne et le premier parmi les États de l'ANASE.
1. a) Quelles pourront être les nouvelles opportunités économiques pour le commerce belge et européen avec Singapour? b) Quelle est actuellement l'évolution des relations bilatérales économiques entre la Belgique et Singapour? 2. Estimez-vous que pour l'Europe, cet accord est un pas important dans l'engagement de l'Union européenne dans la région de l'ANASE?
Réponse de Steven Vanackere,
ministre des Affaires étrangères
Comme l'a rappelé l'honorable membre, les négociations de l'ALE entre l'UE et Singapour ont été lancées le 3 mars 2010. Le premier cycle de négociation a eu lieu du 8 au 12 mars 2010 et a été marqué par une atmosphère positive. Pour rappel, l'UE bénéficie déjà d'un accès sans droits tarifaires pour presque 100% du volume commercial, tandis que Singapour a un accès au marché de l'UE à droit nul pour près de 90% du volume. C'est donc dans le domaine de la libéralisation du commerce des services que devrait se situer l'essentiel des opportunités de l'UE et de la Belgique. Notre pays a fait part de ses priorités à la Commission européenne, qui négocie au nom des 27 États membres de l'UE. Le marché singapourien est déjà fortement libéralisé et la Belgique est présente dans de nombreux secteurs dont principalement: - la construction (y compris dragage maritime); - le transport (en particulier les services de transport maritime); - les services professionnels (services juridiques, services d'ingénierie, architecture); - les services informatiques; - les services de logistique; - les services environnementaux; - les services de distribution. Cependant, des restrictions subsistent dans des domaines spécifiques du commerce des services, où l'ALE UE/Singapour peut engendrer des ouvertures économiques pour la Belgique. Les relations économiques bilatérales entre la Belgique et Singapour n'ont cessé de s'intensifier au fil des années s'agissant de nos exportations et ceci contrairement au total des échanges avec l'Asie. Les valeurs nominales demeurent cependant faibles (source BNB: 522,21 millions d'euros en 2006, 650,54 millions d'euros en 2008). Les produits chimiques représentent un tiers de nos échanges, suivis par les machines et appareils. Près de la moitié de nos importations en provenance de Singapour sont destinées au reste du marché communautaire de l'UE, notamment du fait de rôle d'accès privilégié (hub) européen du port d'Anvers. Ces relations économiques peuvent aussi s'intensifier, car Singapour est entièrement tourné vers l'extérieur et offre également un accès privilégié au commerce et aux investissements en Asie. En conclusion, ce futur Accord est bel et bien un pas important dans l'engagement de l'UE dans la région de l'ANASE. L'UE adopte ce faisant une approche pragmatique consistant en des accords bilatéraux, sans pour autant abandonner la perspective régionale. La négociation d'un ALE UE/Singapour représente le premier jalon de cette approche. L'UE demeure engagée dans la région et le niveau d'ambition de ce premier accord servira d'étalon pour les négociations futures avec d'autres partenaires de l'ANASE.