Le point du jour

RENCONTRES AU COEUR DES PARLEMENTS EUROPEENS A STRASBOURG:
Le Parlement européen et le Conseil de l'Europe
Organisé à l’initiative du MRI et du CFE-Club Français pour l’Europe, une délégation belgo-française emmenée par le président du MRI, Daniel DUCARME, a eu l’opportunité de visiter et découvrir les deux principales institutions européennes situées à Strasbourg à savoir le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. 2008 est une année charnière pour la construction européenne et notamment pour le rôle futur du Parlement européen. En effet, grâce à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne après sa ratification par les parlements nationaux, le Parlement européen verra son rôle en matière de décision encore renforcé et ce, dans un certain nombre de domaines essentiels et stratégiques.
La délégation a pu assister à la séance plénière du Parlement européen consacrée à la situation du Kosovo et les risques encourus suite à sa récente indépendance. Cette séance de questions/réponses parlementaires a été suivie d’une rencontre débat avec le Député européen et Ministre d’Etat Gérard DEPREZ.
Durant cette conférence, Gérard DEPREZ a brossé le tableau du fonctionnement des institutions européennes et promu l’idéal européen qu’il ne cesse d’appeler de ses vœux depuis de nombreuses années.

Pour Gérard DEPREZ: «je suis un partisan convaincu d'une Europe politique, organisée sur le mode fédéral, dont l'ambition doit être de devenir un acteur politique mondial puissant et respecté. Y parviendrons-nous? Personne ne peut répondre aujourd'hui avec certitude à cette question: si le pire n'est pas sûr, le meillur n'est pas garanti. La seule chose dont je suis absolument sûr, c'est que l'avenir de l'Europe est dans les mains des citoyens européens. S'ils décident de vouloir une Europe politique et s'ils soutiennent les responsables politiques qui y travaillent, alors l'Europe politique deviendra une réalité. Si par contre, ils se laissent aller au désintérêt, au désenchantement ou pire, au nationalisme, l'Europe cessera d'être un grand projet et s'enlisera dans les marchandages et l'impuissance. De la même manière qu'il n'y a pas de nation sans peuple qui se reconnaît en elle, il n'y aura pas d'Europe si les citoyens des Etats membres ne donnent pas une vraie dimension européenne à leur citoyenneté.»
La journée du jeudi fut consacrée à la visite d’une des plus anciennes institutions européennes à savoir le Conseil de l’Europe. Fondée sur une idée de Winston Churchill, emblématique ancien Premier Ministre britannique, le Conseil de l’Europe a été crée en 1947.
Si à l’origine, il ne comptait que 10 membres, à l’heure actuelle, le Conseil regroupe 47 pays, soit l’ensemble du continent européen jusqu’au Caucase, à l’exception notoire du Belarus. Depuis sa création, le Conseil de l’Europe poursuit inlassablement 3 objectifs: le respect de la démocratie, le respect des Droits de l’Homme et de l’Etat de droit.
Pour Daniel DUCARME, membre de la délégation belge siégeant au sein de cette institution:«Le Conseil de l’Europe est réellement le berceau de la construction européenne. Il représente la volonté de bâtir l’Europe sur l’axe de la réconciliation franco-allemande d’où l’importance symbolique d’avoir choisi Strasbourg pour y implémenter son assemblée parlementaire et maintenir cet axe de dialogue, de contact et de réconciliation entre les peuples restent de pleine actualité quand on voit ce qui se passe au Kosovo ou encore la position délicate de la Turquie qui est en ligne de front face à la montée de l’intégrisme islamiste.»
La visite s’est achevée par une conférence-débat en compagnie de Jean-Philippe BOZOULS, Secrétaire politique de la Chambre des Pouvoirs locaux du Congrès des Autorités locales et régionales du Conseil de l’Europe. Ce dernier a insisté sur le futur du Conseil de l’Europe.
«Le rapprochement du Conseil de l’Europe avec le parlement européen reste une question ouverte. Il est important de garder à l’esprit des critères de rationalité et d’efficacité mais le conseil de l’Europe a un réel travail de fond à préserver en matière des droits de l’Homme, notamment en matière de lisibilité des standards par rapport aux normes des droits de l’Homme dont la finalisation est la Cour européenne des Droits de l’Homme.»
Et Daniel DUCARME de rajouter: «Le Conseil de l’Europe a l’ambition de l’éthique et des valeurs. Il faut rester vigilant, les Droits de l’Homme ne sont jamais acquis, c’est un combat de tous les jours, c’est une exigence particulière. Néanmoins, on fera pas l’économie de savoir si la construction européenne est viable avec une seule chambre parlementaire Il n’est pas utopiste d’imaginer à moyen ou plus long terme, un pouvoir fort du parlement européen et un accroissement du pouvoir du conseil de l’Europe, ce qui représenterait une voie pour sauvegarder le lien démocratique.»
Daniel DUCARME a fini son intervention en axant son discours sur l’importance des dossiers qui touchent aux expatriés, «L’Europe se fait par la mobilité des personnes, il faut y être attentif tant dans le chef de l’Union européenne que du Conseil de l’Europe. Les expatriés ont une grande valeur tant pour leur pays d’origine que pour leur pays d’accueil. Il est donc essentiel et légitime qu’ils se voient accordés une attention particulière.»
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