
Question de Daniel Ducarme au Ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere sur les ventes d'armes dans les pays pauvres
Dans son rapport annuel sur le commerce des armements portant sur la période 2005-2009 publié le 14 mars 2010, l'Institut Sipri basé à Stockholm dénonce la course aux armements des pays pauvres et également qu'au niveau planétaire, les ventes d'armes ont été supérieures de 22% à ce qu'elles ont été en 2000-2004. "Les commandes et les livraisons de ces armes potentiellement déstabilisante ont conduit à une course aux armements dans des régions où règne la tension: Proche-Orient, Afrique du nord, Amérique du sud, Asie du sud et Asie du sud-est", note le Sipri. Les Etats-Unis sont demeurés les premiers exportateurs d'armes, avec 30% du volume mondial. Les armes américaines étaient destinées principalement à l'Asie-Océanie (39%) et au Proche-orient (36%).
1. a) Quelle est votre réaction suite à cette information? b) Comment expliquer cette augmentation dans les pays pauvres? 2. a) Quels sont les pays pauvres qui ont augmenté leur achat d'armement ces dernières années et dans quelle proportion? b) Quelle est la part de ces achats dans les PIB respectifs de ces pays? 3. "On peut s'interroger sur le bien fondé d'une telle allocation de ces sommes dans des régions à hauts niveaux de pauvreté", commente le rapport. Est-ce une analyse partagée par le gouvernement? 4. a) Quelles sont les mesures prises par l'Union européenne, premier donateur de l'aide humanitaire, pour contrer cette problématique? b) Est-il envisageable de lier l'aide humanitaire fournie par l'Europe avec le renoncement à l'achat d'armement pour les pays pauvres?
1.a) La Belgique prend cette information très au sérieux et travaille à ce sujet principalement dans deux directions. D'une part, notre diplomatie participe activement et soutient au sein des Nations Unies le processus de négociation d'un traité international sur les armes classiques (ATT) permettant de réguler et de fixer des critères pour les exportations d'armes. D'autre part, la Belgique a encore accru son rôle dans la lutte contre le commerce illégal des petites armes. b) La question relève principalement des politiques de sécurité interne et externe définies par ces pays. La pauvreté est un facteur déstabilisant et est en soi un élément d'une réaction en chaîne allant d'une gestion publique insatisfaisante, d'un manque de développement au niveau politique, économique et social, à l'usage incontrôlé des armes et à l'impuissance de prévenir la violence. C'est pour cela qu'il est si important que le lien entre développement et désarmement soit reconnu et que la communauté internationale y soit attentive. 2.a) L'information statistique est disponible sur le site de l'institut SIPRI basé à Stockholm. b) Il n'est pas possible d'apporter une réponse précise si les pays auxquels on réfère dans la question ne sont pas identifiés dans la question. 3. Voir la réponse à la question 1.b). 4.a) L'Union européenne a adopté une action commune en vue de lutter contre le commerce illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC). L'Union européenne a en plus une position commune en cours pour les négociations d'un traité international sur le commerce des armes (ATT). Les Etats membres de l'Union européenne sont liés par le code de conduite relatif au commerce des armes qui établit des critères relevant pour la problématique évoquée. b) La conditionnalité de l'aide est prise en compte dans l'octroi d'une assistance humanitaire européenne, mais en fonction de la situation spécifique du pays. Par ailleurs, l'objectif final n'est pas de réduire l'aide humanitaire destinée à la population, même si le gouvernement de ce pays procède à des achats d'armes.